La startup beauceronne Cereapro, qui a fait entrer le négoce des céréales dans l’ère numérique, vient de sortir son application mobile. Objectif permettre aux agriculteurs de suivre les cours et vendre leur récolte en temps réel, y compris depuis leur moissonneuse batteuse.Suivre en direct les cours du marché des céréales sur Euronext Paris, recevoir des alertes, et commercialiser blé, maïs et colza directement sur son tracteur. C'est possible depuis quelques semaines grâce l'application Cereapro.
Le négociant en ligne de céréales a ainsi ajouté une corde supplémentaire avec l'objectif de permettre aux agriculteurs de gagner en réactivité sur un marché rendu très volatil depuis le conflit ukrainien en février 2022.
«La guerre entre deux pays producteurs majeurs de blé, la Russie et l'Ukraine, a bousculé le marché des céréales, explique Pierre-Antoine Foreau, fondateur de Cereapro.Après avoir doublé il y a un an, en raison d'une offre largement inférieure à la demande, les prix sont aujourd'hui presque revenus à la normale. Grâce à notre application, les agriculteurs peuvent réagir instantanément à de nouvelles fluctuations».
« En quelques clics, l'agriculteur peut vendre sa récolte »
Créée en 2016 à Chartres, en Eure-et-Loir, sous l'appellation Comparateuragricole.com par deux jeunes ingénieurs agro, Pierre-Antoine Foreau et Vincent Guilhem, tous les deux fils d'agriculteurs, la société rebaptisée six ans plus tard Cereaporo ambitionnait dès le départ d'initier la transition digitale du négoce céréalier dans l'Hexagone.
Ce segment, qui compte environ 400 acteurs, coopératives et négociants, restait opaque et peu réactif. Via un site Internet, le nouveau négociant 4.0, qui a levé 1,5 million d'euros en 2017 auprès du fonds régional Loire Valley Invest, mise au contraire sur la transparence, avec les cours des matières premières consultables en direct. S'y ajoute la rapidité des transactions et du paiement.
«En quelques clics, l'agriculteur peut vendre sa récolte de l'année précédente, indique le PDG de Cereapro.Après avoir intégré les coûts de logistiques et de transport, notre algorithme délivre un prix. De surcroît, nous lui assurons un paiement sous quinze jours, avant même que la marchandise soit acheminée chez le client. Les délais de règlement étaient auparavant d'environ trois mois».
A Tours, Guillaume Fischer