Feuille de route énergie : plus d'éolien en mer, un peu moins sur terre

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(Crédits : Reuters)
Dans la deuxième mouture de la programmation pluriannuelle de l'énergie, le gouvernement a revu à la hausse les objectifs sur l'éolien en mer.

Objectifs revus à la hausse pour l'éolien en mer mais en partie au détriment de l'éolien terrestre: le gouvernement a ouvert lundi à la consultation publique son projet de feuille de route énergétique pour la France à l'horizon 2028.

Cette programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) pour 2019-2028, esquissée fin 2018 par le président Emmanuel Macron, avait donné lieu à un premier projet présenté il y a un an. Une nouvelle version, ainsi que la Stratégie nationale bas carbone à horizon 2050, est désormais ouverte pour consultation publique jusqu'au 19 février.

La première mouture de cette PPE, qui table sur une montée en puissance des énergies renouvelables et le recul de la part du nucléaire dans la production d'électricité, avait été critiquée pour son manque d'ambition sur le développement des biogaz et l'éolien en mer par les défenseurs de ces énergies.

La ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, a souligné lundi que le gouvernement allait "dédier 1,8 milliard d'euros supplémentaires au biogaz et augmenter de près de 40% les capacités d'éolien en mer". Les objectifs pour l'éolien offshore passent ainsi à 5,2 à 6,2 gigawatts (GW) en 2028, contre 4,7 à 5,2 GW dans une précédente version.

Les ambitions pour l'éolien terrestre ont toutefois été rabotées, de 34,1-35,6 GW à 33,2-34,7 GW. Un repli qui intervient quelques jours après les propos critiques tenus par Emmanuel Macron la semaine dernière lors d'un déplacement à Pau.

"Le consensus sur l'éolien est en train de nettement s'affaiblir dans notre pays", y déclarait-il à propos des turbines terrestres. "Il y a l'éolien offshore qu'on a développé et relancé très fortement, mais de plus en plus de gens ne veulent plus voir d'éolien près de chez eux".

Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), se veut rassurant, estimant que les nouvelles prévisions de la PPE visent surtout à "compenser budgétairement la montée de l'éolien en mer". "Ce n'est pas une bonne nouvelle, mais pas une catastrophe non plus", assure-t-il.

Pour l'association du secteur France énergie éolienne, cette PPE, en discussion depuis trois ans, "doit désormais être adoptée rapidement, pour donner de la visibilité aux acteurs", souligne sa déléguée générale Pauline Le Bertre.

Tout en "regrettant" que le gouvernement n'ait "pas saisi tout le potentiel de l'offshore", elle s'est réjouie que le secteur et les régions littorales disposent enfin d'"un calendrier clair": "c'est un premier pas".

Du côté du biogaz, "la trajectoire du tarif d'achat des appels d'offres a été ajustée à la hausse", indique aussi le texte, qui ne modifie toutefois pas les volumes. Le SER a exprimé la "déception" que le volume cible de biogaz injecté dans les réseaux de gaz n'ait "pas bougé", à 6 terawattheures en 2023.

Sur le nucléaire, le gouvernement confirme l'objectif de fermer 14 réacteurs d'ici 2035, dont les deux de la centrale de Fessenheim qui doivent s'arrêter cette année. "EDF a proposé au gouvernement d'étudier la mise à l'arrêt de paires de réacteurs sur les sites de Blayais, Bugey, Chinon, Cruas, Dampierre, Gravelines et Tricastin", détaille le texte.

Ce choix est sans surprise car il s'agit de réacteurs de 900 MW, les plus anciens. Tous ces sites comptent aujourd'hui 4 réacteurs ou plus, si bien que l'arrêt de deux réacteurs ne s'y traduira pas par une fermeture de centrale, conformément aux souhaits de l'exécutif.

La France a par ailleurs renforcé ses objectifs de baisse de la consommation d'énergie (-16,5% en 2028 contre -14% initialement). Mais pour Anne Bringault, responsable transition énergétique du Réseau action climat, "c'est un objectif 'magique', puisque les moyens sont remis à plus tard", le texte évoquant des "mesures additionnelles définies à l'issue de concertations supplémentaires".

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Commentaires
a écrit le 21/01/2020 à 13:28 :
"Tout en "regrettant" que le gouvernement n'ait "pas saisi tout le potentiel de l'offshore""

Ben oui mais quand on croit que la Guyane est une ile, il est difficile d'entrevoir le potentiel pourtant phénoménale de notre domaine maritime hein... -_-

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