Hydrogène vert : le géant de la pétrochimie Ineos investit 2 milliards d'euros dans de nouvelles usines

Le groupe britannique, spécialisé dans la pétrochimie et qui a également des participations dans les énergies fossiles, va investir deux milliards d'euros dans de nouvelles usines pour produire de l'hydrogène vert. Ineos, qui ne publie pas ses émissions de CO2, multiplie les initiatives visant à décarboner son activité.

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(Crédits : Reuters)

Le leader européen de l'hydrogène vert, Ineos, poursuit son accélération dans cette source d'énergie décarbonée. Le groupe britannique, spécialisé dans la pétrochimie et qui a également des participations dans les énergies carbonées (notamment dans le gaz naturel et le pétrole), annonce un investissement de plus de 2 milliards d'euros dans la production d'hydrogène vert.

"Il s'agira du plus gros investissement jamais réalisé en Europe dans des projets d'électrolyse visant à produire de l'hydrogène vert", a annoncé dans un communiqué Ineos.

La première unité construite sera une usine d'électrolyseurs de 20 MW pour produire de l'hydrogène propre par électrolyse de l'eau, alimenté par une électricité zéro carbone, en Norvège. En Allemagne, Ineos prévoit de construire un électrolyseur de 100 MW pour produire de l'hydrogène vert sur son site de Cologne. Des investissements sont également prévus au Royaume-Uni et en France.

Transformation du groupe

La feuille de route du groupe vise à réduire de plus de 60% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030.

Le mois dernier, Ineos a annoncé qu'elle convertirait son usine pétrochimique écossaise et sa raffinerie de pétrole à Grangemouth pour qu'elles fonctionnent à l'hydrogène à un coût de plus d'un milliard de livres (1,4 milliard de dollars) afin de réduire les émissions de carbone à zéro d'ici 2045. Cette plus grande installation au monde d'Ineos a émis plus de 3,2 millions de tonnes de dioxyde de carbone en 2019, selon l'ONG ClientHearth. Selon cette organisation, le groupe basé à Londres, qui réalise environ 60 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, aurait produit 22.300 tonnes de produits chimiques en 2019. Ineos prévoit, toujours selon l'ONG, d'utiliser seulement 325.000 tonnes de matériaux recyclés d'ici 2025, soit moins de 1,5% de sa production chimique en 2020.

Le groupe britannique dirigé par l'ancienne plus importante fortune du Royaume, Jim Ratcliffe, annonce produire aujourd'hui environ 250.000 tonnes d'hydrogène par an. L'entreprise utilise ses atouts dans la pétrochimie pour obtenir cette nouvelle source d'énergie. Il s'agit d'un coproduit issu de la production de chlore et du craquage du gaz et du pétrole nécessaires à la fabrication d'alcènes et de polymères. Ineos utilise "actuellement l'hydrogène de différentes manières : pour retirer le soufre du pétrole brut, comme matière première pour d'autres processus chimiques et comme combustible dans nos usines", explique-t-il sur son site.

Cet investissement de deux milliards d'euros pourrait être notamment financé par la cession de ses actifs dans un gisement gazier et pétrole norvégien. Ineos a cédé pour 615 millions de dollars ses activités pétrolières et gazières en Norvège à PGNiG Upstream Norway AS. L'accord comprend tous les intérêts d'Ineos Oil & Gas dans la production, les licences, les champs, les installations et les pipelines sur le plateau continental norvégien et prend effet le 1er janvier 2021.

La production d'hydrogène a vocation également à alimenter sa R&D et son savoir-faire pour une nouvelle branche d'activité du groupe. Ineos accélère dans la fabrication de véhicules. Sa filiale automotive lancera un véhicule tout-terrain en Europe en 2022 et en Amérique du Nord en 2023 pour les agriculteurs et d'autres usages principalement ruraux. La société envisage la technologie des piles à combustible à hydrogène pour les futures versions à zéro émission de son véhicule Grenadier plutôt que de passer à l'électrique.

Soutien des pouvoirs publics

Alors que l'Union européenne veut accélérer dans la production d'hydrogène vert, le gouvernement britannique a proposé cet été un plan de 4 milliards de livres (4,7 milliards d'euros) de co-investissements avec le secteur privé d'ici à 2030.

"L'Europe réclame davantage d'investissements dans l'hydrogène vert et l'annonce d'Ineos aujourd'hui montre notre détermination à jouer un rôle de premier plan dans ce nouveau carburant important", a déclaré M. Ratcliffe dans un communiqué.

De son côté, la France, dans le cadre de son plan France 2030, veut investir plus de 7 milliards d'euros dans l'hydrogène d'ici cette échéance, dont 2 milliards en 2021 et 2022. Outre-Rhin, alors que la potentielle nouvelle coalition gouvernementale pourrait accélérer la sortie du charbon de l'Allemagne, le pays a déjà annoncé 9 milliards d'investissements dans le cadre de son plan de relance.

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Commentaires 4
à écrit le 18/10/2021 à 15:32
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Tant que l'Allemagne utilisera du gaz ou du charbon pour produire de l'électricité, son hydrogène, même produite par électrolyse, sera responsable d'émissions de CO².

à écrit le 18/10/2021 à 14:45
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L'hydrogène vert n'existe pas

à écrit le 18/10/2021 à 12:46
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On sait générer de l'hydrogène depuis plus d'un siècle , si c'était une source d'énergie viable cela ce saurait depuis bien longtemps . nous sommes dans ce genre de cas dans une folie collective écologiste qui nous mènera à la catastrophe industriel...

à écrit le 18/10/2021 à 11:58
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Il semblerai que le mot "investir" perde de sa profonde signification pour laisser place a un jeu de casino! Ils attendent toujours "un retour sur investissement" le plus rapidement possible, bref... faire travailler l'argent a leur place!

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