Hydrogène : Bruno Le Maire veut voir fleurir les usines en France et "rapidement"

Des annonces de plusieurs milliards d'investissement public, aux actes. Le ministre de l'Economie en appelle aux industriels français de l'hydrogène pour construire des usines... et des emplois. Mais tandis que le gouvernement ambitionne de faire de la France "le leader mondial", d'autres pays s'y sont déjà engagés depuis quelques années et risquent de se montrer très attractifs dans la chasse aux ingénieurs.

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Nous devons développer nos sites industriels à échéance de semaines ou de mois. Il faut aller vite.
"Nous devons développer nos sites industriels à échéance de semaines ou de mois. Il faut aller vite." (Crédits : Reuters)

Le rêve de l'hydrogène, en tant que filière stratégique pour la France, va-t-il devenir une réalité tangible ? Ce combustible transportable et stockable, qui promet de réduire la facture carbone des gaz à effet de serre, est une priorité affichée du quinquennat Macron depuis 2018 lorsque Nicolas Hulot était ministre de l'Ecologie. Mais, après les 7 milliards d'euros de financements sur dix ans annoncés cet été, le gouvernement cherche à accélérer. Aussi, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a appelé jeudi les industriels français de l'hydrogène en soutien. Leur mission : faire sortir de terre "dans les mois" à venir les usines permettant de lancer la filière française de l'hydrogène décarboné.

"Notre ambition est simple : la France doit être le leader mondial de l'hydrogène vert. Pas un, LE. Nous avons la possibilité d'y parvenir", a-t-il dit à Bercy devant le Conseil national de l'hydrogène, installé en janvier pour accompagner le déploiement de l'hydrogène décarboné et qui réunit notamment des représentants de la filière.

"Nous devons développer nos sites industriels à échéance de semaines ou de mois. Il faut aller vite. Nous pouvons faire émerger rapidement des sites d'électrolyse qui puissent donner corps à notre ambition : nous aurons le site de McPhy à Belfort, le projet Air liquide en Normandie... Les Français veulent voir les usines, les emplois, ce que ça donne concrètement pour eux", a-t-il dit.

Autre réalité économique, face à la domination de la Chine, "l'hydrogène constitue à la fois un enjeu de souveraineté technologique et d'indépendance énergétique", affirmait à La Tribune Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l'Économie. La Chine est d'ailleurs loin d'être la seule nation concurrente, quand l'Allemagne ou le Japon ont déjà investi plusieurs centaines de millions, et même 9 milliards d'euros outre Rhin et ce depuis 2016. Le risque de voir les cerveaux français de l'hydrogène céder aux sirènes d'industries plus dynamiques est donc réel.

Une sélection de 15 projets français

"En France, le gouvernement souhaite atteindre 10% d'hydrogène décarboné dans les usages industriels dès 2023 et entre 20% et 40% en 2028", rappelle Alexis de Gérard, Directeur du salon Pollutec.

Aussi, d'ici à la fin de l'année, près de 2 milliards d'euros de subventions seront engagés ou en passe de l'être, pour soutenir plus d'une centaine de projets (Recherche et Développement, démonstrateurs, écosystèmes territoriaux, achat de trains...), a indiqué Bercy.

Quinze gros projets français devraient aussi en profiter, après validation de l'UE: des gigafactories de production d'électrolyseurs, d'équipements pour la mobilité (piles à combustible, stations de recharge...), et décarbonation de l'industrie lourde (raffineries, cimenteries, aciéries).

Les acteurs visent l'installation de 6,5 GW d'électrolyseurs d'ici à 2030, avec un développement qui se concentrera d'abord dans sept bassins industriels. Ces bassins à moyen terme pourraient être interconnectés grâce à des infrastructures de transport.

Avec l'essor de ce vecteur énergétique, la France vise à décarboner l'industrie et le transport de masse (petits avions, trains, utilitaires), a encore dit le ministre. En revanche, il s'est montré prudent sur le rôle de l'hydrogène pour les véhicules individuels: "On verra si le transport individuel, c'est pertinent, je laisse la question ouverte", a indiqué Bruno Le Maire.

(Avec AFP)

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