L’AMF rappelle Suez à l’ordre face à l'offre hostile de Veolia
Eric Benhamou et Marine Godelier
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La réaction de l'AMF constitue une victoire pour Veolia et un revers pour Suez
Reuters
Eric Benhamou et Marine Godelier
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La réaction de l'AMF constitue une victoire pour Veolia et un revers pour Suez
Reuters
Le procédé est exceptionnel, à l'image d'une affaire aux multiples rebondissements, qui oppose deux fleurons de l'industrie française. L'Autorité des marchés financiers (AMF) a en effet publié, vendredi, un communiqué dans lequel il estime que la stratégie de Suez pour contrer l'OPA de son concurrent Veolia « porte atteinte » à plusieurs « principes directeurs » de bon fonctionnement des marchés, parmi lesquels l'obligation de transparence et de loyauté dans les transactions.
« C'est un rappel à l'ordre », avance-t-on chez le régulateur. De fait, rien n'indique la portée réglementaire ou juridique de cette sortie de l'AMF, en réponse à un communiqué de Suez... en date du 21 mars.
Une certitude : il est extrêmement rare que l'AMF communique de cette manière en pleine bataille boursière. « Cela témoigne surtout d'un grand embarras du régulateur depuis le début de cette affaire », estime un fin connaisseur de la place de Paris, non partie prenante dans le dossier.
Que dit l'AMF ? « La recherche d'une solution négociée entre les parties est tout à fait légitime mais elle doit respecter les principes de transparence et d'intégrité du marché, de loyauté dans les transactions et la compétition, ainsi que du libre jeu des offres et de leurs surenchères », souligne le communiqué. L'AMF vise explicitement les mesures de défense de Suez, annoncées le 21 mars, qui ne respectent pas, selon le régulateur, les règles des offres publiques.
À lire également
Dans son collimateur se trouve, sans surprise, la décision de Suez d'activer une fondation de droit néerlandais, créée en septembre, contrôlant les activités eau en France, sans dénoncer pour autant, son irrévocabilité - permise par une décision du Tribunal de commerce de Nanterre. Mais le régulateur pointe également l'intervention du duo d'investisseurs GIP-Ardian, soutenu par Suez, qui propose de racheter quelque 12 milliards d'actifs du groupe, ce qui valoriserait Suez à 20 euros par actions, voire même de déposer, le cas échéant une offre sur la totalité de Suez.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Eric Benhamou et Marine Godelier