La chaleur perdue en ville, un levier trop souvent oublié de la transition énergétique
Juliette Raynal
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CHARLES PLATIAU
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Un filet de vapeur d'eau qui s'échappe d'une bouche d'égout l'hiver, un courant de chaleur issu des cuisines d'un restaurant, un autre courant chaud qui provient des fours d'une boulangerie ou des machines d'un pressing. En ville, les petites fuites de chaleur sont nombreuses et, la plupart du temps, inexploitées. Or, ces petits ruisseaux accumulés constituent un énorme gaspillage énergétique. Car s'ils étaient valorisés, ces "déchets énergétiques" permettraient de répondre aux besoins en chaleur d'autres acteurs de la ville. C'est ce que souligne une étude publiée ce jeudi 5 novembre par l'Institut national de l'économie circulaire (Inec), en partenariat avec France Energie, une PME mayennaise spécialisée dans la récupération de la chaleur en ville.
Ces gisements variés de chaleur sont appelés "chaleur fatale" ou "chaleur de récupération". Ces expressions désignent la chaleur résiduelle issue d'un procédé et non utilisée par celui-ci. Fin 2017, l'agence de la transition écologique (Ademe) s'était penchée sur la chaleur fatale issue des processus industriels démontrant son rôle clé pour la transition énergétique. Selon l'agence, cette perte de chaleur dans l'industrie représentait un potentiel de 109,5 TWh / an, soit l'équivalent de deux fois la consommation de la ville de Paris. En revanche, jusqu'à présent, aucune étude ne s'était attardée sur les gisements de chaleur non exploités en zone urbaine.
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L'enquête propose une première évaluation de cette perte d'énergie à l'échelle d'un bâtiment mixant logements et activités tertiaires : 1,3 MWh de chaleur serait perdue par l'électroménager (sèche-linge...) d'un ménage de 3 personnes chaque année. La chaleur perdue dans les eaux usées représenterait, elle, 1,2 MWh par an. La chaleur perdue provenant des installations informatiques d'une entreprise oscillerait pour sa part entre 25 et 75 MWh par an. A titre de comparaison, un foyer français constitué de quatre personnes consomme en moyenne 14,7 MWh/an.
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