Féminisation des filières industrielles, sobriété énergétique, souveraineté et croissance des entreprises : lors de l'étape strasbourgeoise de la tournée Transformons la France au cœur des régions, des élus, décideurs et acteurs de l'économie ont débattu des enjeux du développement économique du Grand-Est. Cette matinée d'échanges, le 5 avril dans l'hémicycle du Conseil régional du Grand-Est, apporte un éclairage inédit.L'industrie représente 20 % du PIB de la région Grand-Est et près de 300.000 emplois. Ce particularisme est aussi une affaire de talents. Quelle est la place des femmes dans les filières dominantes de l'économie régionale ? A l'occasion des débats de « Transformons la France au cœur des régions » le 5 avril à Strasbourg, Séverine Sigrist, fondatrice et présidente de Defymed a porté un message d'équité. « Il y a un verrou psychologique. Une femme se demande si elle va parvenir à concilier sa vie professionnelle et sa vie personnelle. On a un devoir de dire aux femmes qu'elles vont y arriver », a rappelé cette dirigeante d'entreprise strasbourgeoise, ancienne présidente du pôle Biovalley qui fédère les industries de la biotech et de la pharmacie en Alsace. « Les femmes auront bientôt une place essentielle dans la bioproduction, un métier dans lequel les exigences de qualité sont très élevées, mais qui n'est pas assez couvert par les formations », a prévenu Séverine Sigrist.
Pour Eric Gnaedinger, directeur de l'école polytechnique de l'Université de Lorraine (Polytech Nancy), il s'agit de « redorer le blason de l'industrie ». « Certains domaines attirent davantage que les domaines purement industriels, qui ont du mal à recruter. On a du mal, aussi, à recruter des élèves dans notre école alors que les entreprises sont en demande d'ingénieurs ! » a-t-il témoigné. Depuis près d'une décennie, les effectifs féminins de Polytech Nancy plafonnent à 20 %. « Il y a une évolution, mais ce n'est pas suffisant. On a l'impression d'être arrivés à un plafond de verre », a reconnu Eric Gnaedinger.
« Le Grand-Est est une terre d'énergie avec trois centrales nucléaires, une terre d'hydroélectricité, d'énergies renouvelables et de réseaux de chaleur. On produit deux fois et demi ce qu'on consomme dans de Grand-Est », a calculé Jean-Michel Deveza, Délégué Régional EDF Grand Est. « Le Grand-Est est la première région en puissance installée en production renouvelable, avec 5.600 mégawatts en éolien et en solaire », a confirmé Jean-Baptiste Arnould, délégué à l'action régionale Grand-Est d'Enedis. La loi d'accélération des ENR, qui prévoit une multiplication de ces installations, a été anticipée par le Grand-Est : 26 installations d'auto-consommation collective sont déjà en service dans ses collectivités.