L'incubateur public Quest for Health inaugure de nouveaux outils de financement et des formations universitaires pour les créateurs de startup. 67 projets santé sont déjà accompagnés. Les co-financeurs espèrent faire deux fois plus, dès 2025. Pour favoriser la croissance des jeunes entreprises, le Conseil régional créera un fonds de consolidation doté de 7 millions d'euros sous forme d'avances remboursables.Le Grand-Est se dote d'un nouvel écrin pour son écosystème régional de la santé et des technologies médicales. L'incubateur public Quest for Health, inauguré le 1er décembre à Strasbourg, entend accélérer la croissance des startups régionales et attirer de nouveaux projets. « En soutenant l'innovation de la filière, notre ambition est de faire du Grand-Est et du Rhin Supérieur un lieu incontournable en Europe pour le développement des startups santé », espère Guillaume Vetter-Genoud, directeur de Quest for Health.
Co-financée pour 3,8 millions d'euros par le Conseil régional, les fonds européens Feder et le ministère de la Santé, cette initiative bénéficie déjà à 67 entreprises incubées dans les secteurs de la santé, des biotech et des medtech et e-santé. En fin d'année 2021, cette petite communauté représentait seulement 235 emplois créés mais déjà 55 millions d'euros levés, pour une valorisation de 190 millions d'euros. Les deux tiers des projets accompagnés sont originaires du Grand-Est. Guillaume Vetter-Gounod égrène les origines variées du tiers restant : « Marseille, Montpellier, Sophia Antipolis... l'Allemagne, la Suisse, Boston, Washington, Palo Alto ». Quest for Health entend dépasser la centaine de projets incubés après 2025.
Recherche de visibilité
Le suivi de l'incubation des startups santé s'effectuait depuis 2018 dans le cadre généraliste (digital, industrie, santé) de Quest for Change, réseau régional d'incubateurs publics présent à Strasbourg, Mulhouse, Metz, Epinal, Reims et Charleville-Mézières. « Nous créons cet incubateur dédié pour apporter davantage de visibilité nationale et internationale à notre filière santé », espère Guillaume Vetter-Genoud. Les entreprises bénéficieront entre autres d'un suivi personnalisé de leur structuration, d'aides pour le financement en phase d'amorçage et d'un accès au développement international par le biais de réseaux et de salons.
Tiré par des locomotives industrielles internationales telles que Merck (Molsheim) et Lilly (Fegersheim), le secteur des sciences de la vie bénéficie déjà de la présence académique de l'Université de Strasbourg, où 11.600 étudiants sont inscrits dans des filières médicales et des métiers de la santé. Les liens établis depuis deux décennies avec l'Allemagne et le Suisse du Nord-Ouest (Biovalley) ont rattaché la région à la puissance industrielle du voisin. L'initiative annuelle "Trinational HealthTech Days" a permis d'organiser plus de 300 rencontres entre des investisseurs, des grands comptes et des startups. Mais le financement de l'innovation fait encore défaut dans le Grand-Est.