Les défenseurs de la planète se réjouissent de la victoire de Joe Biden

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L'urgence reste toutefois: pour ne pas dépasser +1,5°C, il faudrait en effet réduire de presque 50% les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici 2030.
L'urgence reste toutefois: pour ne pas dépasser +1,5°C, il faudrait en effet réduire de presque 50% les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici 2030. (Crédits : Reuters)
Les ONG et les scientifiques craignaient une nouvelle victoire de Trump, qui pendant tout son mandat a contrarié les efforts de la lutte contre la crise climatique. Ils espèrent que l'arrivée de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis permettra d'éviter la catastrophe.

La communauté des défenseurs du climat a exprimé son profond soulagement après l'élection de Joe Biden, y voyant un espoir pour la planète malgré les réformes titanesques à mettre en oeuvre pour limiter les impacts dévastateurs du réchauffement. Militants et scientifiques craignaient que la planète n'encaisse un nouveau coup dur avec quatre années supplémentaires à la Maison Blanche d'un président qui a contrarié les efforts de la lutte contre le dérèglement climatique. Mais la victoire de Joe Biden change la donne: le démocrate a promis de faire revenir les Etats-Unis dans l'Accord de Paris sur le climat, dont la décision de Donald Trump les a sortis officiellement le 4 novembre, et il a présenté un plan de 1.700 milliards de dollars pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.

"La victoire historique de Joe Biden est la première étape pour éviter la catastrophe climatique", a commenté sur Twitter la directrice exécutive de Greenpeace, Jennifer Morgan, appelant Joe Biden à être le "champion" pour le climat dont le monde a besoin. "L'administration Biden-Harris a une occasion historique de mettre en œuvre l'un des plus grands efforts de relance écologique au monde, afin d'orienter l'économie américaine vers une réduction durable des émissions tout en reconstruisant le pays et en créant une société plus juste", a déclaré de son côté Laurence Tubiana, une des architectes de l'Accord de Paris qui vise à limiter le réchauffement sous +2°C, idéalement +1,5°C, par rapport à l'ère pré-industrielle.

"C'est un jour nouveau pour le climat, l'environnement et le peuple américain. Des lendemains meilleurs sont possibles", a renchéri Andrew Steer, patron du think tank World Resources Institute.

Mais "il n'y a pas une minute à perdre", a-t-il insisté.

Un "point de bascule"

Pour ne pas dépasser +1,5°C et limiter l'ampleur des catastrophes climatiques qui se multiplient déjà à travers la planète, il faudrait en effet réduire de presque 50% les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici 2030, selon les experts climat de l'ONU (Giec). Une baisse qui nécessite des réformes radicales de l'économie mondiale. Mais une ambition qui serait un peu moins hors de portée avec Joe Biden à la Maison Blanche, estiment certains experts.

Pour le groupe Climate Action Tracker, cette victoire pourrait ainsi être un "point de bascule" pour se rapprocher "tout près" de l'objectif de +1,5°C. Il faudrait pour cela que la promesse de neutralité carbone des Etats-Unis d'ici 2050 soit tenue, tout comme les récents engagements chinois, européens et japonais en la matière.

"Si les Etats-Unis adoptent l'objectif de neutralité carbone pour 2050, les quatre plus grandes puissances économiques du monde seront en phase avec la science et montreront la voie vers un avenir sûr, propre et moderne", a de son côté commenté Pr Johan Rockström, co-directeur du Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK).

Encore faudra-t-il passer de la parole aux actes, que ce soit à Bruxelles, Pékin, Tokyo ou Washington.

Le soutien du Sénat incertain

"Ne vous y trompez pas. La sombre réalité est que même si chaque Etat respecte ses engagements en vertu de l'Accord de Paris (et beaucoup, dont les Etats-Unis et l'UE ne sont aujourd'hui pas à la hauteur), cela nous mènera à moins de la moitié du chemin" pour limiter le réchauffement à +2°C, a mis en garde sur Twitter le climatologue Michael Mann, de la Pennsylvania State University, "prudemment optimiste" après la victoire de Joe Biden.

La marge de manoeuvre du futur président américain dépendra en particulier de sa capacité à faire adopter des législations climatiques ambitieuses. Et il aura besoin pour ce faire du Sénat, qui pourrait rester aux mains des Républicains. Il faudra attendre le 5 janvier, date du second tour d'une sénatoriale en Géorgie, pour le savoir.

Sans majorité au Sénat, Joe Biden pourra toujours compter sur les milliers d'entités non fédérales (Etats, villes, entreprises...) dont l'engagement ces dernières années devrait permettre aux Etats-Unis d'atteindre malgré tout leurs anciens engagements en vertu de l'Accord de Paris (26 à 28% de baisse des émissions d'ici 2025 par rapport à 2005), selon Climate Action Tracker.

"Stimuler la confiance dans la coopération internationale"

A un mois du 5e anniversaire de l'Accord de Paris, les défenseurs du climat espèrent dans tous les cas un retour du leadership américain sur la scène climatique mondiale.

"En revenant dès son premier jour dans l'Accord de Paris, le président-élu Biden peut stimuler la confiance dans la coopération internationale", a ainsi estimé Andrew Steer.

"Les générations à venir se souviendront de l'administration Biden-Harris comme celle qui a déçu de grandes attentes, ou comme celle qui a vraiment été utile au peuple américain, et au monde", a résumé  Ottmar Edenhofer, autre co-directeur du PIK.

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Commentaires
a écrit le 05/01/2021 à 8:44 :
Citer comme un des porte-parole des défenseurs de la planète un monsieur comme Michael Mann, auteur d'une des plus grandes forfaitures de l'histoire de la science avec sa fameuse courbe en forme de crosse de hockey, est pour le moins amusant si ce n'était malheureusement affligeant et inquiétant!
a écrit le 09/11/2020 à 21:23 :
La niaiserie des gens est sans limite, à moins que ça ne soit que de l'hypocrisie. Penser que l'élection de Joe Biden va enrayer le réchauffement climatique, c'est vraiment faire preuve d'une grande naïveté. Ceci s'explique aisément par l'ignorance de la plupart des gens des lois de la physique.
a écrit le 09/11/2020 à 10:53 :
Les "défenseurs de la planète" sont ceux qui défendent leur compte en banque avec de nouvelle rente de couleur verte!
a écrit le 09/11/2020 à 8:52 :
Les mêmes "défenseurs de la planète" qui ont appelé à voter Macron je suppose.

Au moins on se marre.
a écrit le 09/11/2020 à 7:26 :
La planète Terre n'a jamais eu besoin, et n'aura jamais besoin de défenseur.

L'existence de l'Humanité ne représente qu'un épiphénomène pour elle !
a écrit le 08/11/2020 à 20:05 :
Pour "arranger" le climat,il faudrait deja interdire les eoliennes ,pour 2 raisons principales
Le rendement tres faible QUAND il y a du vent sinon il faut qu'elles soient couplées a des centrales a Charbon (allemandes ) ou des centrales a Gaz
Les metaux rares dont elles sont faites viennent de Chine ,ou les terrains d'extraction sont completement contaminées et on ne sait pas les retraiter.Il n'y a guere que les mats.
Elles denaturent de surcroit les paysages et occasionnent apparemment beaucoup de problemes de voisinage sans oublier les oiseaux
Ce sont vraiment des materiels ecologiques !!!!!!
a écrit le 08/11/2020 à 18:12 :
Les mises en garde de Michael Mann, à l'origine d'une des plus grandes forfaitures scientifiques modernes avec sa fameuse courbe en crosse de hockey, ne sont peut-être pas les plus convaincantes.
a écrit le 08/11/2020 à 17:22 :
Mieux que Trump sans doute sur l'energie et le co2 à l'interieur, sauf que s'il fera repartir le commerce mondial à toute vitesse et toute la pollution qui va avec, l'effet global sera neutre.

Et tant que Biden ne posera pas au niveau mondial le problème de la surpopulation et de comment le resoudre aucun sincère défenseur de la planète ne pourra se rejouir.
a écrit le 08/11/2020 à 16:16 :
Vu les 2000 milliards que Biden va mettre dans l'economie verte dans les energies renouvelables aux USA donc oui l'economie américaine va se verdir totalement : vive l'economie de l'hydrogène. Oui Trump is over et le monde du pétrole avec ! Les USA sont indépendant en pétrole en gaz et en charbon. Oui le developpement des voitures electriques et des voitures à hydrogène ce qui plait aux ONG ecologistes et aux scientifiques. Le monde du "tout pétrole" et des voitures américaines qui consommait 10 à 12 litres aux 100 km est revolu : c'est plus que l'histoire de l'industrie automobile aux USA!
Oui à l'economie verte, à des reacteurs nucléaires automatisés et moins producteurs de déchets nucléaires, des voitures à hydrogène, des ressources en electricité verte et des éoliennes qui fleuriront aux USA. Tesla n'a qu'a bien se tenir dans la présidence de Biden et de Harris. Oui nous pouvons mieux consommer l'energie et laisser le pétrole dans le reservoir géologique arabe. L'europe et les USa hormis la chine, l'inde et la russie doivent developper une forte infrastructure hydrogène ! vive l'economie verte !
a écrit le 08/11/2020 à 12:57 :
Les vrais défenseurs de la planète seront contents seulement quand la population mondiale commencera à baisser.
a écrit le 08/11/2020 à 11:12 :
Citation
"Encore faudra-t-il passer de la parole aux actes, que ce soit à Bruxelles, Pékin, Tokyo ou Washington"

C'est le point capital.
Tout le mode parle: c'est du bla bla bla. Qu'est-ce qui a été réalisé concrètement depuis la COP21 ?
Cordialement

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