Marianne Laigneau : "Le projet Hercule n'envisage pas du tout l'ouverture du capital d'Enedis"
Propos recueillis par Juliette Raynal
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LA TRIBUNE : 30 millions de compteurs Linky ont été installés en France. Quel bilan tirez-vous de ce programme ?
Marianne Laigneau : C'est une formidable réussite industrielle et technologique. En 2019, au plus fort du déploiement, chaque semaine Enedis équipait l'équivalent d'une ville comme Saint-Etienne. Aujourd'hui, quatre foyers sur cinq sont équipés grâce à la formidable mobilisation depuis plusieurs années de nos équipes que je salue. Fin 2021, on arrivera à 35 millions de compteurs communicants installés. 90% des foyers seront alors équipés. Ce sera la fin du déploiement massif et les installations se feront ensuite au fil de l'eau chez nos clients. C'est exactement ce qui avait été envisagé au début du programme, en 2016, et il n'est pas si fréquent dans l'industrie d'avoir un projet aussi important et ambitieux qui arrive à terme, dans les temps et dans les coûts. Nous avons même été un peu plus performants car le budget final sera de 4 milliards d'euros, alors que le budget initial était légèrement supérieur à 4 milliards. Enedis gère aujourd'hui le plus grand parc européen d'objets connectés et chaque jour 40.000 téléopérations sont réalisées pour servir nos clients grâce à Linky. Cela représente un million de prestations effectuées à distance chaque mois.
Par ailleurs, Linky est un programme industriel qui crée de l'emploi et qui contribue au développement local. 10.000 emplois directs et indirects ont ainsi été créés en France. Il y a une véritable filière industrielle qui s'est construite autour de Linky. Nous travaillons ainsi avec une cinquantaine d'entreprises partenaires.
Le prix de l'électricité va augmenter et l'électrification des usages aussi. Comment Enedis peut aider les Français à limiter la hausse de leur facture ?
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M.L : Même si le prix de l'électricité a augmenté ces dernières années, la France reste un des pays où l'électricité est la moins chère en Europe. Le prix y est à peu près 15% inférieur à la moyenne européenne. Sur cette facture : un tiers correspond aux coûts d'utilisation des réseaux, un autre tiers aux taxes. Le dernier tiers correspond au produit lui-même : la production et la fourniture d'électricité. S'agissant de la partie acheminement, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) vient de retenir une hausse annuelle de 1,39% pour le réseau public de distribution, inflation comprise. Cela doit permettre de financer la transition écologique qui nécessite énormément d'investissements. Chez Enedis, nous prévoyons d'investir 69 milliards d'euros d'ici à 2035 pour rendre la transition écologique possible. Ces investissements ont évidemment un impact sur la facture, mais un impact modéré puisque cela devrait se traduire par une hausse de 15 euros à partir de 2024, par rapport à la facture de 2019.
Propos recueillis par Juliette Raynal