LOIR-ET-CHER. Le site blésois de l’équipementier automobile BorgWarner a été propulsé site pilote pour la fabrication des injecteurs à hydrogène. Une reconversion attendue pour l’usine qui sort d’un plan social, et une brique supplémentaire pour l’écosystème autour de l’hydrogène en Centre-Val de Loire.L'hydrogène décarboné deviendra-t-il un axe central de la transition énergétique, au même titre que l'électricité pour la mobilité et les transports ? Le géant équipementier du Michigan BorgWarner (14,8 milliards d'euros de chiffres d'affaires et 49.000 salariés en 2021), fabricant notamment de turbocompresseurs, en semble convaincu. Il accélère sensiblement sur ce segment. Son site français, basé à Blois dans le Loir-et-Cher et spécialisé dans les injecteurs, est devenu le pole d'excellence du groupe concernant la combustion des moteurs à l'hydrogène.
La technologie BorgWarner se singularise par l'injection et la distribution directe du gaz ultra léger dans le réservoir. « Une solution moins coûteuse et moins gourmande en termes de poids que la pile à combustible ou fuel cell, explique Jean-Luc Beduneau, directeur de l'innovation de l'usine blésoise. « Le fait de brûler directement l'hydrogène limite de surcroît l'empreinte carbone des moteurs, proche de zéro. Enfin, notre technologie est garante de souveraineté car elle ne nécessite pas de métaux rares contrairement au Fuel cell ».
L'équipementier attend pour la fin de l'année 2022 la validation par l'Union Européenne de cette solution de décarbonation totale des véhicules particuliers. Conséquence, les constructeurs automobiles à s'être engagés dans cette voie sont pour l'instant peu nombreux. Seuls Toyota et Hyundai Motors commercialisent un modèle de voiture doté d'un moteur thermique alimenté par de l'hydrogène brulé. Il s'agit de la Mirai pour le japonais et de la Nexo côté coréen. Les marques de poids lourds et de véhicules de chantier ont, au contraire, d'ores et déjà reçu le sésame de Bruxelles. BorgWarner fournit ainsi depuis cette année les injecteurs et les valves des pelleteuses du fabricant britannique JCB. Stellantis-Peugeot a aussi conçu des camionnettes Boxer fonctionnant à l'hydrogène dont deux prototypes sont actuellement en démonstration sur le site de Blois. « Il n'existe pas un seul constructeur de poids-lourds qui ne réfléchisse à ce nouveau mode d'alimentation, assure Jean Luc Beduneau, reste désormais à les convaincre de l'efficience de nos produits ». Outre l'extension du marché des professionnels, BorgWarner table sur un démarrage de la fabrication en série d'injecteurs sur le segment des particuliers à l'horizon 2024.
Guillaume Fischer, à Tours