C'est, à première vue, un sujet qui pourrait sembler consensuel. Il n'en est rien. Alors que la Commission européenne, après son tentaculaire plan Climat, a déroulé vendredi ses propositions destinées à préserver les forêts du continent, plusieurs ministres d'États membres et des eurodéputés de droite ont fustigé le projet. Car si la forêt se dégrade sous l'effet du changement climatique, ce phénomène ne doit pas être le seul à guider la gestion des espaces boisés, font-ils valoir.
Un bras de fer qui dure depuis plusieurs semaines. Dans une lettre datée du 6 juillet adressée au vice-président de la Commission européenne, onze pays membres, parmi lesquels l'Autriche, la Finlande, la Roumanie ou l'Allemagne, dénonçaient ainsi un projet qui « réduit [les forêts] à des considérations environnementales, en ne tenant pas compte des aspect socio-économiques », après la fuite d'une première version. Parmi les signataires figurait le ministre de l'Agriculture français, Julien Denormandie, qui exprimait sa « profonde inquiétude » à l'égard d'un texte « inacceptable ».
En parallèle pourtant, plus de 10.000 acteurs de la filière forêt-bois avaient signé une pétition de soutien à cette orientation de la Commission. Mettant en avant l'importance de la biodiversité comme objectif face au changement climatique, et regrettant une « levée de bouclier d'une partie de la filière ».