En octobre, cinq jours de discussions à distance donneront le coup d'envoi à des négociations en présentiel qui se tiendront au printemps en Chine. Parmi les enjeux, celui d'accélérer la lutte contre l'érosion de la diversité biologique, qui nuit à la planète comme aux acteurs économiques.La planète entière attend la COP 26 sur le climat, qui se tiendra, après un report d'un an à cause de la pandémie de Covid-19, du 1er au 12 novembre à Glasgow, en Ecosse. Mais avant, une autre COP, moins connue et pourtant tout aussi fondamentale face à l'urgence environnementale, s'ouvre ce lundi 11 octobre : la COP 15 consacrée à la préservation de la biodiversité.
Le coronavirus est aussi venu lui mettre les bâtons dans les roues. Alors qu'initialement elle devait se tenir en octobre 2020, elle a d'abord été reportée à mai, puis à octobre 2021. Finalement, elle ne se tiendra en ce mois d'octobre que pendant cinq jours et sous forme virtuelle. Les véritables rencontres en présentiel n'auront lieu que du 25 avril au 8 mai 2022 à Kunming, en Chine. Mais même si ces premiers jours à distance représenteront une "phase essentiellement protocolaire", selon ses organisateurs, ils donneront le coup d'envoi à des négociations devenues de plus en plus cruciales face à l'accélération de l'érosion de la biodiversité.
Un cadre permettant de"vivre en harmonie avec la nature"d'ici 2050
Comme pour les diverses COP climat, la COP 15 est une Conférence des parties : en l'espèce, celles à la Convention sur la diversité biologique (CDB), adoptée en 1992 au Sommet de la terre de Rio. Un traité international ratifié par 195 pays (sans les Etats-Unis et le Vatican) ainsi que par l'Union européenne, et qui poursuit trois objectifs: "la conservation de la diversité biologique", "l'utilisation durable de la diversité biologique" et "le partage juste et équitable des avantages découlant de l'utilisation des ressources génétique". Tous les deux ans, ses parties se réunissent pour des négociations politiques. La dernière édition a eu lieu en 2018 au Brésil.
L'enjeu de la COP 15 biodiversité est notamment d'aboutir à un cadre permettant de "vivre en harmonie avec la nature" d'ici 2050. Il s'agit en effet de rattraper le retard accumulé depuis 2010 lorsque, à Aichi au Japon, les Etats s'étaient fixés 20 objectifs dont aucun n'a été finalement rempli. Les recherches ne cessent en effet de prouver que les principales causes de l'érosion de la diversité biologique (le changement d'usage des terres, la surexploitation d'espèces, le changement climatique, les pollutions et les espèces exotiques envahissantes) sont essentiellement d'origine humaine. Et les pays comme leurs acteurs économiques prennent progressivement conscience que le déclin de la nature risque de mettre en danger l'approvisionnement en ressources fondamentales telles que l'eau, les aliments et de nombreuses autres matières premières.