Recyclage chimique du plastique : le Britannique Plastic Energy débarque en France

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Plastic Energy va construire deux usines de recyclage chimique du plastique en France. En toile de fond, la nouvelle taxe sur les déchets d'emballage en plastique qui s'impose aux Etats de l'Union Européenne
Plastic Energy va construire deux usines de recyclage chimique du plastique en France. En toile de fond, la nouvelle taxe sur les déchets d'emballage en plastique qui s'impose aux Etats de l'Union Européenne (Crédits : Plastic Energy)
En pointe sur le recyclage avancé du plastique, le groupe britannique tisse sa toile en Europe où il veut créer dix usines d’ici 2025. En France, Plastic Energy a déjà partie liée avec Total à Grandpuits et a signé un accord avec Exxon Mobil pour implanter une très grosse unité à proximité de la plateforme pétrochimique de Port-Jérôme en Seine-Maritime.

Ils sont multi-couches, composites et/ou contaminés. Et ils sont la bête noire des centres de collecte qui ne savent plus que faire de ces plastiques non recyclables dont regorgent nos poubelles jaunes. Revêtements de sol, canalisations, plateaux repas, tasses en polystyrène .... Ces déchets que les technologies mécaniques conventionnelles sont impuissantes à transformer finissent leur existence au pire sous terre ou dans la mer, au mieux dans un incinérateur. Récemment encore, leur donner une seconde vie relevait de la chimère. Ce n'est plus le cas depuis que s'est ouverte la voie prometteuse du recyclage chimique du plastique, également connu sous le nom de recyclage avancé.

Maîtrisé en laboratoire depuis une vingtaine d'années, le processus consiste à transformer thermiquement la structure chimique des déchets plastiques en les convertissant en molécules plus courtes prêtes à être utilisées pour produire à nouveau du plastique. Les industriels fondent beaucoup d'espoirs sur cette technologie qui, selon l'agence Wood Mac Kenzie pourrait permettre d'atteindre un taux de recyclage d'au moins 50%, deux fois le taux français.

Philadelphia et les glaces Magnum

Dans cette spécialité émergente de l'économie circulaire, un nom se démarque : celui du Britannique Plastic Energy que tous les spécialistes s'accordent à considérer comme un pionnier. Fondée par Carlos Monreal, l'entreprise a été parmi les premières à mettre en œuvre ce procédé de transformation moléculaire à une échelle industrielle grâce à une technologie brevetée de conversion anaérobie thermique. A la tête de deux usines en Espagne (depuis 2014 et 2017), elle produit, à partir de déchets plastiques, une huile synthétique, le Tacoil utilisable comme matière première par la pétrochimie pour la fabrication de carburant mais surtout de plastique vierge.

« C'est la seule technique permettant d'obtenir un plastique recyclé de qualité alimentaire. Des enseignes comme Philadelphia ou les glaces Magnum l'ont déjà adopté » précise Chloé Ragot, head of policy & sustainability au siège londonien du groupe.

Animé de grandes ambitions, Plastic Energy s'est donné pour objectif de créer dix autres usines beaucoup plus capacitaires sur le vieux continent d'ici à 2025. Le coup est parti. Une unité sortira de terre dès l'an prochain à Geleen aux Pays-Bas, haut lieu de la pétrochimie, où elle fournira la plateforme de la multinationale saoudienne Sabic. Les deux suivantes verront le jour en France en 2023, moyennant un investissement de plusieurs dizaines de millions d'euros (le montant exact n'est pas communiqué).

Total et Exxon Mobil

La première d'une capacité de 15.000 tonnes sera construite à Grandpuits (Seine et Marne) dans le périmètre de la bioraffinerie Total avec qui un accord a été signé l'hiver dernier.

La seconde, entrée en phase d'enquête publique il y a quelques jours, sera située à un jet de pierre de la plateforme pétrochimique d'Exxon Mobil à Port-Jérôme (Seine-Maritime) à laquelle elle sera relié par un pipe line.

« Ce sera la plus grosse usine de recyclage chimique en Europe » indique Chloé Ragot. A pleine capacité, l'établissement transformera près de 35.000 tonnes de déchets plastiques en provenance de l'Île-de-France (où un accord avec Valorplast est en discussion), de Normandie et des Hauts de France.

Le projet a obtenu le soutien du plan de Relance. En toile de fond, la nouvelle taxe sur les déchets d'emballage en plastique qui s'impose aux Etats de l'Union Européenne depuis le mois de janvier à hauteur de 800 euros la tonne non recyclée... Et dont la France, mauvaise élève du recyclage, devrait être l'une des principales contributrices.

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