Changeons de modèle

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Rennes- Palais du Commerce : Citizers groupe Frey (mandataire), ENGIE (promoteur), MVRDV, Bernard Desmoulin (architecte)
Rennes- Palais du Commerce : Citizers groupe Frey (mandataire), ENGIE (promoteur), MVRDV, Bernard Desmoulin (architecte) (Crédits : DR)
Pour concrétiser sa politique énergétique, la France doit réduire de 30% sa consommation d’énergie d’ici 2035 (Source ADEME 2018). Cela nécessite la mise en place rapide de nouveaux réflexes de consommation. Tous les acteurs du bâtiment, y compris les usagers, ont une responsabilité collective et sont de formidables accélérateurs de la transition carbone.

L'humanité est confrontée à un défi sans précédent : pour s'assurer un avenir, elle doit réussir sa transition énergétique le plus efficacement et le plus rapidement possible. Partout sur le globe, les pouvoirs publics, les entreprises et les individus ont commencé à remettre en cause nos modes de vie dans l'espoir de créer une société plus vertueuse, plus sobre, plus respectueuse de la nature et de l'être humain. 
Bien plus qu'une transition énergétique, la transition qui s'annonce doit être un changement de modèle. À tous les niveaux de la société, chacun prend conscience de la nécessité d'adopter de nouveaux réflexes pour que les prévisions les plus optimistes se réalisent. Alors qu'il a fallu plusieurs générations pour construire notre modèle actuel, il ne reste cependant que quelques années pour le déconstruire et en réinventer un autre. Le défi est vertigineux, mais il nous offre aussi une extraordinaire opportunité de changer le monde...

Une responsabilité collective

En France, les élus locaux, les professionnels de la construction et plus largement tous les gestionnaires de bâtiments et leurs usagers ont un rôle à jouer pour donner un formidable coup d'accélérateur à la transition carbone du secteur. Pour cela, la première action collective à mener n'exige aucun financement, aucune technologie et aucune source d'énergie. Car le présupposé de toute démarche de réduction énergétique commence par une simple question : de quoi avons-nous réellement besoin ? Avons-nous réellement besoin d'autant d'énergie ? 
Dès aujourd'hui, nos besoins énergétiques doivent refléter une nouvelle responsabilité collective, au service de tous. Si cette démarche de sobriété peut sembler contraignante de prime abord, elle offre au contraire de nouvelles perspectives de consommer mieux, plus intelligemment, en accord avec ses valeurs. Ensemble, imaginons une nouvelle façon de vivre mieux... et plus sobrement !

Engie Solutions

Les solutions

4/ PRIVILÉGIER LA RÉHABILITATION DÈS QUE POSSIBLE 
Si la filière béton poursuit ses efforts pour réduire son empreinte carbone, la construction de la structure du bâtiment est toujours responsable du quart des émissions globales produites pendant sa durée de vie. Avant de s'engager dans un projet de construction, il est donc impératif de commencer par envisager une réhabilitation de bâtiment existant, en réutilisant par exemple la structure. Lorsqu'un démantèlement et une reconstruction s'avèrent nécessaires, les efforts seront portés sur la valorisation des déchets de chantier, l'utilisation de matériaux biosourcés et celle de «béton vert» - composé de granulats de gravats recyclés - ou d'alternatives au ciment traditionnel.

5/ TROUVER UNE TEMPÉRATURE DE CONFORT RAISONNABLE
S'il est communément admis qu'un degré de moins de chauffage permettrait de réaliser 7 % d'économie d'énergie, les évaluations pratiques atteignent dans certains cas des réductions de 10 à 15 %. Personne ne remet en cause la nécessité de vivre et de travailler à une température confortable, mais il arrive trop souvent que le thermostat soit réglé bien au-delà : dans les grands magasins, les centres commerciaux, les hôpitaux, les EHPAD et les logements collectifs, il n'est pas rare que la température soit si élevée qu'il faille laisser une fenêtre ouverte en permanence en plein mois de janvier. 
En cas de pic de canicule, en revanche, les foulards réapparaissent dans les bureaux pour se protéger d'une climatisation excessive ! Hiver comme été, prenons tous l'habitude de chercher l'équilibre entre le confort des occupants et une consommation énergétique raisonnée. Nous y serons tous gagnants.

6/ ÉCLAIRER SANS EXCÈS
Selon l'ADEME, le parc d'éclairage public émet annuellement 670 000 tonnes de CO2, auxquelles s'ajoutent les émissions liées à l'éclairage nocturne du secteur privé. Si les solutions existent pour réduire la consommation d'énergie des équipements, cette surconsommation électrique induit aussi une pollution lumineuse qui nuit à la faune, à la flore et à l'observation des paysages nocturnes. Autant de bonnes raisons de respecter l'arrêté du 27 décembre 2018 relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des nuisances lumineuses, d'opter pour des luminaires mieux dirigés et équipés de détecteurs de présence... et d'éteindre la lumière à chaque fois que cela est possible, tout simplement.

7/ LIMITER LES DÉPLACEMENTS
En France, 30 % des émissions de gaz à effet de serre sont liées au secteur des transports. Dans une démarche de sobriété collective et individuelle, l'impact carbone des déplacements doit encore faire l'objet d'une prise de conscience pour faire évoluer les usages en profondeur. Principales sources de pollution atmosphérique en milieu urbain, les déplacements quotidiens ont pourtant des alternatives bas carbone. Dans un bâtiment pensé pour réduire l'impact de la mobilité de ses usagers, les réunions se font par exemple plus facilement à distance en utilisant des moyens de projection, d'interaction et de visioconférence. Dans certains bureaux, les salles peuvent même se connecter entre elles pour collaborer à distance. Et chaque déplacement évité, c'est du CO2 en moins dans l'atmosphère...

8/ UTILISER LE DIGITAL À BON ESCIENT
Pour répondre aux enjeux écologiques et sociétaux des prochaines années, l'apport du numérique sera décisif. Mais si le digital est au cœur de la transition énergétique, rappelons qu'au plan mondial, il a généré 3,8 % des gaz à effet de serre en 2019 et devrait représenter 6 % des émissions mondiales en 2025.

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