Utilisons les bâtiments autrement

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(Crédits : Engie/Mouraud Mathieu)
Lorsque la société se réinvente, les usages évoluent et de nouvelles façons de vivre apparaissent. Aujourd’hui, chacun a la possibilité de s’engager dans la décarbonation de son lieu de travail et de son lieu de vie. Les bâtiments tertiaires et l’habitat sont les révélateurs de nouveaux usages vertueux, accélérateurs de la transition carbone.

Avec les nouvelles solutions digitales et le développement d'une maintenance prédictive basée sur l'analyse des comportements des usagers, le bâtiment évolue en profondeur. Longtemps considéré comme une enveloppe physique immobile et immuable, il devient une plateforme modulable et multifonctionnelle au service de ses usagers. La conception ou le réaménagement des espaces nécessite désormais d'interroger non seulement la performance énergétique du bâti, mais aussi les nouvelles attentes des usagers, en anticipant l'évolution de leurs besoins.

De l'intention architecturale à l'organisation des services généraux, tous les acteurs de la construction, de la rénovation et de l'exploitation deviennent les scénaristes d'une nouvelle façon d'habiter, de travailler et de vivre dans un bâtiment. Ensemble, notre défi consiste à inventer de nouveaux usages plus vertueux, plus sobres et moins énergivores, qui permettront à chacun d'entre nous de vivre mieux au quotidien.

Une mutation sociétale vertueuse

Dans le même temps, les usagers du bâtiment redécouvrent le rôle central qu'ils jouent dans son bon fonctionnement et dans la réussite de sa transition énergétique. À travers les campagnes de sensibilisation et le développement de nouvelles organisations, chacun peut désormais faire le choix de s'engager personnellement dans la décarbonation de son lieu de vie et de son lieu de travail.

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La mutation de notre société a commencé, et rien ne pourra désormais l'arrêter. Après le développement du coworking, du flex office, du covoiturage et des mobilités douces, nous assistons à une révolution du travail et de la vie quotidienne par l'usage. À nous d'agir en sorte qu'elle puisse se faire le plus rapidement possible en restant toujours au service de l'humain... et de la transition énergétique.

LES SOLUTIONS

18/ FAIRE DES USAGERS DES ACTEURS DE LA TRANSITION

Même dans un bâtiment zéro carbone idéal, tous les efforts de performance énergétique peuvent être anéantis si les usagers maintiennent le chauffage à pleine puissance alors que les fenêtres sont grandes ouvertes : ce n'est pas seulement le bâtiment qui consomme l'énergie, ce sont aussi ses utilisateurs. C'est pourquoi toute démarche de performance énergétique intègre systématiquement un volet de sensibilisation, afin de fournir un mode d'emploi détaillé à toutes les personnes qui y vivent ou qui y travaillent. Dans le cadre des contrats de performances énergétiques (CPE) menés depuis dix ans, la baisse énergétique liée à la formation des usagers atteint souvent 6 à 7 % : une belle progression qui ne nécessite qu'un faible investissement.

19/ APPRENDRE A MIEUX CHAUFFER

À lui seul, le chauffage représente plus de la moitié des dépenses énergétiques d'un bâtiment. Il existe pourtant des moyens simples de faire baisser la facture sans diminuer la température, en prenant en compte le taux d'occupation, la température extérieure et l'inertie thermique de la structure. Pour cela, les règles de bon sens constituent déjà une première étape intéressante : en coupant le chauffage d'un immeuble de bureaux le vendredi en milieu d'après-midi et en le rallumant à 6 h du matin le lundi, on économise déjà 25 % de chauffage sans sensation de froid. Pour aller plus loin, la gestion individuelle du radiateur, encore très répandue dans les bureaux, doit être impérativement remplacée par des solutions de pilotage centralisées. Associées à des capteurs d'ouverture de fenêtre et des détecteurs de présence, ces solutions digitales parviennent à des réductions énergétiques tout à fait significatives.

Digital

20/ ENCOURAGER LES BONNES PRATIQUES AVEC LE DIGITAL

Dans une démarche de sensibilisation et d'apprentissage des bonnes pratiques, les applications pédagogiques et ludiques tirent leur épingle du jeu. Personnalisées selon une communauté d'utilisateurs définie, elles permettent de transmettre des informations essentielles en proposant par exemple des défis individuels qui font leur preuve dans la durée.

Dans l'habitat collectif, la responsabilisation des habitants représente également un levier considérable. La mise à disposition de plateformes et d'applications permettant de consulter sa consommation énergétique en temps réel donne à chacun la possibilité de corriger ses excès, en fermant par exemple les robinets des radiateurs. Avec une performance énergétique de 10 à 15 %, ce partage d'informations permet d'obtenir d'excellents résultats sans investissement lourd.

21/ INTERROGER LES HABITUDES

Si la quête de la sobriété doit s'inscrire dans une démarche de progrès et de bien-être des usagers, il n'en reste pas moins que certains petits gestes peuvent avoir une incidence lourde sur le bilan carbone d'un bâtiment. A-t-on, par exemple, vraiment besoin d'eau chaude pour se laver les mains dans les toilettes des immeubles de bureaux ? Toutes les études montrent que la suppression des ballons d'eau chaude dans les sanitaires permet de réduire les consommations d'eau chaude en flèche. Pour l'instant cette solution n'est pas encore jugée acceptable, mais demain ?

22/ DÉVELOPPER LES NOUVELLES FAÇONS DE TRAVAILLER

Avec l'explosion du cloud, la vie de bureau vit une profonde transformation organisationnelle :  les nouveaux travailleurs nomades peuvent désormais se connecter de n'importe quel poste, dans n'importe quel espace. Au-delà du bouleversement sociologique qu'ils déclenchent, le flex office et le home office, s'inscrivent dans une recherche de réduction du temps de transport, mais également de sobriété énergétique. En partant du principe que les employés ne sont pas tous là au même moment, ces nouvelles pratiques permettent de réduire au plus près des besoins et sans perte inutile d'énergie, la surface chauffée, éclairée et connectée. Les besoins énergétiques de l'espace s'ajustent alors à la demande réelle au lieu de chauffer des bureaux à moitié vides. Le développement du télétravail permet, quant à lui, de diminuer significativement l'impact carbone de la mobilité des usagers... en améliorant souvent leur qualité de vie !

Digital

23/ IMAGINER DE NOUVELLES FAÇONS DE COHABITER

Dans le secteur résidentiel aussi se pose la question d'ajuster les besoins énergétiques au nombre d'habitants présents dans le logement. Autrement dit, de combien de mètres carrés par personne a-t-on réellement besoin pour vivre bien ? Au départ des enfants, a-t-on toujours besoin de chauffer un appartement conçu pour cinq personnes, ou peut-on envisager de diviser le logement en deux pour créer un studio individuel qui générera des revenus de location ? A-t-on réellement besoin d'une salle de réception, d'une buanderie et d'une chambre d'amis, ou peut-on envisager de partager des espaces communs avec ses voisins ? À l'instar du flex office et du covoiturage, le logement pourrait aussi vivre une mutation sociologique dans les prochaines années...

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