À Dunkerque, Total va construire le plus grand site de stockage d'électricité par batteries de France

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(Crédits : Stephane Mahe)
Ce projet de stockage de 25 mégawatts (MW) devrait démarrer au dernier trimestre 2020. Il doit être installé sur le site de l'ancienne raffinerie du groupe sur le port de Dunkerque

Total a annoncé jeudi la construction à Dunkerque d'un site de stockage d'électricité par batterie, le plus grand du pays selon le géant pétrolier qui veut affirmer ses ambitions dans les renouvelables.

Composé de onze conteneurs intégrés, ce projet de stockage de 25 mégawatts (MW) devrait démarrer au dernier trimestre 2020. Il doit être installé sur le site de l'ancienne raffinerie du groupe sur le port de Dunkerque, qui dispose déjà des réseaux électriques nécessaires, explique Philippe Sauquet, directeur Gaz, renouvelables et électricité chez Total.

Sécuriser l'approvisionnement

Total a remporté fin février, ainsi que d'autres entreprises, un appel d'offres lancé par RTE, le gestionnaire du réseau à haute tension, visant à mettre en place de nouvelles capacités de stockage pour sécuriser l'approvisionnement électrique, réguler les fréquences et l'intermittence de production propre aux énergies renouvelables.

Sur ces 253 MW de capacités, 103 MW ont été attribués à Total, qui a indiqué jeudi que l'ensemble de ses équipements seraient mis en service en 2021-2022. "Nous regardons plusieurs sites", répartis sur le territoire, indique M. Sauquet à l'AFP.

Celui de Dunkerque, qui représente un investissement de 15 millions d'euros, utilisera une solution de stockage lithium-ion avec 11 conteneurs de 2,3 MWh chacun, fabriqués par Saft, filiale de Total spécialiste des batteries pour l'industrie.

1,5 à 2 milliards d'euros par an

Il servira principalement de réserve pour soutenir la stabilité du réseau, et les capacités restantes généreront des revenus additionnels, le tout assurant la rentabilité du projet, selon M. Sauquet.

Total indique investir 1,5 à 2 milliards d'euros annuels dans "l'électricité bas carbone" -- calcul incluant éolien et solaire mais aussi la production électrique issue du gaz, énergie fossile.

"Quand on est dans un groupe comme Total, on nous dit 'Mais vous investissez 15 à 16 milliards par an, donc 1 à 2 milliards ce n'est rien pour vous!'. Sauf qu'avec un à deux milliards par an, on est parmi les plus gros acteurs au niveau mondial dans les renouvelables", argumente M. Sauquet.

Le groupe affiche un objectif de 25 gigawatts (GW) de capacité de production installée en électricité renouvelable (photovoltaïque et éolien) à horizon 2025, contre 3 GW à ce jour.

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Commentaires
a écrit le 13/03/2020 à 6:49 :
Là, c'est bien de batteries neuves dont on parle ? J'avais compris qu'au niveau écologie, c'était pas top les batteries (matières premières, recyclage...). Il n'y a pas d'autres techno dispo pour stocker (production d'hydrogène, stockage d'eau en hauteur....) ?
a écrit le 12/03/2020 à 18:56 :
je me permets juste de faire remarquer que le journaliste confond les MW (une puissance) et les MWh ( une énergie).
autrement dit, il est bien difficile de le comprendre !
a écrit le 12/03/2020 à 16:03 :
25MWh
Pas 25MW
On stocke une énergie, pas une puissance.
Merci !!!
a écrit le 12/03/2020 à 15:31 :
Un petit coup de peinture verte, comme cela les affaires peuvent continuer.
a écrit le 12/03/2020 à 14:29 :
D'aucuns disaient que les batteries de voitures électriques pourraient avoir une seconde vie, une fois ayant perdu une partie de leur capacité initiale, c'est moins facile de rouler avec (autonomie déjà faible écourtée) mais ça fait quand même stockage, il suffit d'en mettre 10 usées à la place de 5 neuves, et ça évite de les jeter car encore capables de rendre service. Les piles salines font 1,5V et qq neuves et vers 1,3V quand l'appareil les affiche "épuisées" mais en court-circuit elles débitent encore beaucoup, on pourrait en utiliser 8 "usées" pour remplacer 6 neuves, jusqu'à vraiment leur avoir fait fabriquer leur dernière énergie (pile = réaction électrochimique) sauf que c'est pas prévu, on les jette pas "vides".
L'installation prototype Myrte en Corse faisait (sais pas si elle a terminé sa mission ou dure encore) l'hydrolyse de l'eau en H2 & O2 stockés, recombinés le soir quand besoin d'aider le réseau électrique. Il faut voir les bilans et facteur d'échelle, un million de batteries + onduleur géant ça se gère, une pile à combustible énorme, à part le prix, il faut la construire(fabriquer).
a écrit le 12/03/2020 à 14:12 :
Super, la vielle centrale "au fioul" de Porcheville (Yvelines), maintenant arrêtée, produisait 2400 MW (4x600 MV). C'est juste pour insister sur la différence d'échelle.
a écrit le 12/03/2020 à 12:26 :
Pour rappel, même en supprimant le chauffage électrique, la France a besoin d'au moins 40.000 MWh d'électricité par heure.

Donc, avec 25 MWh, c'est sur, on ne va pas aller bien loin
Réponse de le 12/03/2020 à 13:00 :
25 MWh c'est 5% de la production journalière moyenne d'un des deux réacteur de Fessenheim.

En rappelant que le projet c'est d'installer 253 MWh, on arrive à l'équivalent de 50% de la production journalière d'un réacteur. C'est tout à fait suffisant pour réguler une région.
a écrit le 12/03/2020 à 10:10 :
Capacité 2.3 x11 = 25.3 MWh, de quoi fournir 25 MW pendant 1H, on ne va pas aller bien loin avec ca !
C'est ridicule si l'on compare avec ce que peut stocker une centrale hydraulique à pompage
Réponse de le 12/03/2020 à 10:52 :
Le but n'est pas de fournir une grosse puissance pendant de longues durées mais de fournir des "burst" lorsque la fréquence ou la tension baisse trop suite à l'intermittence de certains moyens de production. L'avantage de ce système est qu'il peur répondre trés vite au besoin, plus vite que n'importe quel autre système (SEP par exemple).
Réponse de le 12/03/2020 à 11:11 :
C'est pour faire du stockage "localisé". Une STEP, c'est bien, mais si vous habitez à 1000km, faut de la ligne pour vous acheminer le courant, avec tous les risques associés (et les coûts "cachés")

C'est surtout que bizarement c'est la techno lithium-ion qui semble la plus mature aujourd'hui ! Ou alors peut-être de l'escroquerie organisée, Total ayant racheté Saft en 2016 et afin de perenniser leur investissement, ils auraient soudoyé RTE de faire ce genre d'appel d'offre ?

De toute façon, comme pour les énergies "renouvelables", au final c'est le contribuable qui se fait avoir
Réponse de le 12/03/2020 à 12:28 :
Remarque indigente, c'est un début et rien que le fait qu'on puisse faire de batteries de 25 MW de puissance est un indicateur parlant !
a écrit le 12/03/2020 à 9:16 :
On touche du doigt ici le problème récurrent des énergies renouvelable, à savoir l'intermittence de sa production, qui nécessite ce genre d'installation, peu durable, comme tout système de stockage.
Le thermique, le nucléaire, malgré leurs inconvénients incontestables, ont une force, être disponible "à la demande".
Ne reste plus qu'à trouver l'équilibre entre les deux systèmes...
a écrit le 12/03/2020 à 9:06 :
Ah la centralisation, elle est shootée à ça notre oligarchie, ben oui faut dire que ça fonctionne tellement bien hein... -_-

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