Quel programme énergétique Emmanuel Macron veut-il mettre en œuvre s'il est réélu le 24 avril prochain ? Est-il réalisable ? Ses promesses sont-elles à la hauteur de l'urgence climatique ? La Tribune a examiné le programme du candidat de La République en marche, après avoir décrypté celui de son adversaire politique du Rassemblement National.
Comme Marine Le Pen, le candidat LREM met l'accent sur le nucléaire. Sa volonté est de construire six nouveaux EPR, voire 14 dans un horizon plus lointain. Mais la ressemblance avec le programme de la candidate d'extrême droite s'arrête là. Car le président-candidat mise également énormément sur les éoliennes en mer et le développement du solaire, deux énergies totalement boudées par Marine Le Pen. Ses mesures concernant l'efficacité énergétique des bâtiments, levier majeur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) en France, semblent en revanche plus modestes que dans son précédent programme. Analyse.
À retenir
Neutralité carbone en 2050.La loi Énergie Climat, votée en 2019, engage la France à atteindre la neutralité carbone en 2050, soit une division par 6 des émissions de gaz à effet de serre sur son sol par rapport à 1990. Or, la production et la consommation de l'énergie sont les principaux contributeurs d'émissions de CO2, et notamment les hydrocarbures, qui fournissent plus de 60% de l'énergie finale. L'électricité représente pour sa part moins de 30% de l'énergie consommée en France.
Une électricité peu carbonée.La France dispose d'un atout de taille : son électricité est déjà très largement décarbonée grâce au nucléaire. L'atome répond à environ 65% des besoins électriques en moyenne. Si la loi impose également de réduire la part du nucléaire à 50% du mix énergétique d'ici à 2035, les deux candidats ont annoncé qu'ils reviendront sur cette obligation. L'enjeu pour les années à venir se situe à la fois dans le renouvellement du parc de production vieillissant, soit par la construction de nouveaux réacteurs atomiques, soit par l'installation de sources d'énergie renouvelable (éolien, solaire et hydraulique notamment), soit par les deux.
Rattraper le retard.Le cadre légal impose également de réduire les sources d'énergie carbonée (chauffages au fioul, carburants fossiles). La programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) votée en 2020 exige une baisse de 35% en 2028 par rapport à 2012. Alors que la France accuse déjà un lourd retard en la matière, elle devra se doter d'une nouvelle PPE dès 2023, qui fixera un cadre pour le déploiement futur des énergies bas carbone.