MAJ : Article publié le 28/03/22 à 18h29 et mis à jour le 19/03/22 à 09h41 avec les précisions du ministère de la Transition écologique.
A Saint-Avold, en Moselle, la centrale à charbon Emile Huchet, fermera bien ses portes le 31 mars prochain après 71 années d'activité, ainsi que le prévoit la loi Energie climat, qui vise à mettre la France sur la trajectoire de la neutralité carbone à l'horizon 2050. Mais, l'urgence de réduire notre dépendance au gaz russe conjuguée à la très faible disponibilité du parc nucléaire tricolore pourraient lui donner un second souffle tout à fait inattendu. Contactée par La Tribune, GazelEnergie, l'entreprise tchèque qui exploite la centrale, explique, en effet, être dans l'attente d'un nouveau décret qui fixerait les conditions de sa réouverture.
"Nous allons nous arrêter au 31 mars comme c'était prévu. Nos salariés vont pouvoir bénéficier du plan qui leur a été proposé dans le cadre d'un PSE", explique Camille Jaffrelo, directrice de cabinet de la présidence de GazelEnergie. "Mais, s'il s'avérait qu'il faille répondre à un problème de sécurité du système l'hiver prochain, et c'est ce qui semble se dessiner, nous pourrions relancer la machine. Nous avons toutefois besoin légalement d'un nouveau décret, qui fixe notamment le nombre d'heures de production. Ce sont des sujets qui sont en discussion. Tant qu'il n'y a pas de décision de l'Etat, nous ne bougerons pas", poursuit-elle.
Pour redémarrer, la centrale doit faire face à des contraintes techniques, sociales et d'approvisionnement. "Nous n'avons presque plus de charbon sur site et il faut reconstituer une force de travail", pointe Camille Jaffrelo, alors que le site emploie actuellement 87 salariés et fait travailler autant de sous-traitants. La tranche, d'une capacité installée de 600 MW, doit aussi se tourner vers d'autres fournisseurs, alors qu'une partie du charbon qu'elle utilise aujourd'hui provient de Russie. Une option qui n'est plus envisageable, assure GazelEnergie.