Les emplois d'ArianeGroup à Toulouse en danger ?
Bryan Faham

Ariane 5 BepiColombo
Arianespace
Bryan Faham

Ariane 5 BepiColombo
Arianespace
La conquête spatiale est bousculée. Leader mondial dans l'envoi de satellites pendant des décennies, Ariane doit faire face à une nouvelle donne. La fiabilité de la fusée européenne est l'atout numéro un d'Arianespace. Mais ça ne suffit plus. Son concurrent américain Space X coûte moitié moins cher. 70 millions d'euros contre 150 millions pour Ariane 5.
Pour faire face à la concurrence, ArianeGroup, créée en 2014 par Airbus et Safran pour rassembler leurs activités spatiales, a lancé le programme Ariane 6. Ce nouveau lanceur a l'ambition de réduire les coûts de 40% et ainsi ne pas dépasser les 90 millions d'euros par lancement. Le premier lancement d'Ariane 6 étant prévu en juillet 2020, sa conception devrait bientôt arriver à son terme. Un calendrier que juge intenable le représentant du personnel.
Mais voilà, début novembre, la direction d'ArianeGroup a confirmé son souhait de réduire ses effectifs une fois la conception de ce nouveau lanceur terminée.
Celle-ci envisage de supprimer 2 300 postes sur la période 2018-2022 en France et en Allemagne. Parmi les postes visés, "un millier concernent les sous-traitants de l'entreprise", précise cette dernière. Cependant, pour les autres, le type de postes et les sites concernés par cette réorganisation ne sont pas encore définis.
Par conséquent, la capitale du spatial, Toulouse, n'est pas à l'abri de ces suppressions de postes. ArianeGroup y possède un site, sur l'île du Ramier, où est fabriqué le carburant de ses lanceurs. 90 personnes travaillent sur ce site, dont parmi elles, une dizaine de PDU (point de défaillance unique).
Si le site toulousain est touché, ce ne sera pas la première réduction d'effectif. 500 personnes y travaillaient avant l'explosion de l'usine AZF en 2001. Après la reprise d'activité, la direction a décidé de supprimer une partie de l'activité en conservant uniquement 200 emplois, jusqu'à une nouvelle diminution en 2005 pour atteindre l'effectif actuel.
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Une nouvelle réduction des effectifs toulousains serait notamment la conséquence d'une baisse d'activité générale au sein d'ArianeGroup. Le groupe ayant des difficultés à remplir son carnet de commandes.
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Cependant, les syndicats ont prévu de faire un droit d'alerte à l'occasion du prochain comité central d'entreprise qui se déroulera d'ici à la fin de l'année. Cette procédure "déclenche une analyse de la situation de l'entreprise par un expert indépendant. Il devra notamment déterminer comment parvenir au chiffre de 2300 suppressions de postes", précise Philippe Gery.
Bryan Faham