Aéroport de Toulouse : rentabilité en forte hausse malgré un trafic stable

Pierrick Merlet

Pierrick Merlet
La nouvelle acquisition du groupe Eiffage, à savoir l'aéroport Toulouse-Blagnac (ATB), a enregistré une stabilisation de son trafic sur l'année 2019. D'après le bilan annuel, présenté par la direction, lundi 9 mars, l'infrastructure a accueilli 9 620 224 passagers. C'est même un peu moins qu'en 2018.
Pour autant, ATB compte toujours baser sa stratégie de développement de son trafic sur les destinations internationales, qui représentent quasiment à parts égales le même volume de passagers que le trafic intérieur. Ainsi, Air France (Alger et Oran), Air Canada (Montréal), EasyJet (Cagliari) ou Ryanair (Athènes), vont ouvrir de nouvelles lignes internationales en 2020, pour ne citer que ces exemples. Mais l'épidémie de Covid-19 pourrait retarder certaines de ces ouvertures.
Si l'activité économique de l'aéroport Toulouse-Blagnac et son trafic en 2020 seront inévitablement impactés par l'épidémie du coronavirus qui touche de nombreux secteurs d'activités, l'année 2019 a quant à elle était un bon cru pour la société ATB. D'après les chiffres communiqués, le chiffre d'affaires a atteint 160,6 millions d'euros sur l'année passée, soit une progression de +6% par rapport à 2018. De son côté, l'EBITDA (le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement, ndlr) connait une hausse de... +13% sur la même période.
Pour développer davantage son activité et sa rentabilité, ATB va finaliser, en 2020, la construction d'un nouveau parking avions (en service dès avril) qui va augmenter de 600 000 passagers la capacité d'accueil annuelle de l'aéroport. Sans oublier la réorganisation de l'aérogare avec une nouvelle salle d'embarquement et de pré-embarquement, tout cela pour un montant de 5 millions d'euros. Par ailleurs, FedEx aura à partir de 2021 un nouveau centre de tri, qui devrait permettre d'engranger de nouveaux bénéfices pour ATB.
En résumé, hormis la parenthèse du coronavirus, tous les voyants économiques sont au vert pour le nouvel actionnaire d'ATB à hauteur de 49,99%, Eiffage, en lieu et place des Chinois de Casil Europe. De quoi voir éventuellement les dividendes aux actionnaires progresser en 2020 ? Pour mémoire, avant leur départ, les actionnaires avaient décidé de verser la totalité du résultat net de 2019, soit 16 millions d'euros. Mais cette question (sensible) des dividendes ne sera pas débattue avant juin et la prochaine assemblée générale. En attendant, chaque partie prend ses marques avec la nouvelle composition de l'actionnariat depuis le 30 décembre 2019.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

À lire également
Pour le moment donc, le grand groupe côté en bourse ne renverse pas la table niveau stratégie et "se place dans la continuité", selon la direction d'ATB. Néanmoins, cette dernière, avec l'arrivée d'Eiffage, aimerait lancer un nouveau plan d'affaires, le dernier remontant à décembre 2017.
Pierrick Merlet