Des chiffres au vert, des niveaux d’activité retrouvés, un chômage bas. Mais une inflation qui grimpe, des coûts de matériaux qui s’envolent et des prix de l’énergie assassins qui vont rapidement affecter la trésorerie des entreprises. Dans l’Hérault, la CPME de l’Hérault agite le chiffon rouge : « L’activité est là mais pas la rentabilité », s’inquiète son président, Grégory Blanvillain. Analyse et témoignages.La CPME Hérault tire la sonnette d'alarme : face au mur de la crise énergétique et alors que les remboursements des PGE s'amorce, le syndicat de dirigeant d'entreprises affiche son inquiétude quant à la rentabilité des entreprises, et donc leur pérennité. Dans un communiqué, envoyé au préfet de l'Hérault mais aussi aux parlementaires, « un grand nombre d'entre elles vont travailler à perte en 2023 et risquent d'atteindre le point de non-retour ».
« C'est là tout le paradoxe de la situation économique actuelle qui affiche de bons chiffres du côté de la croissance, du développement des chiffres d'affaires, de la création d'emplois avec une baisse du chômage inédite, et pourtant, la situation nous inquiète grandement,campe Grégory Blanvillain, le président de la CPME de l'Hérault. Mais c'est l'arbre qui cache la forêt : l'activité est là mais pas la rentabilité.Tous les coûts augmentent voire explosent : hausse des matières premières avec pénurie dans certaines filières qui obligent à payer ses commandes plusieurs mois à l'avance sans garanti de délais de livraison, hausse des carburants qui a doublé le poste en deux ans dans certaines entreprises, hausse des salaires pour faire face à la pénurie de main d'œuvre ou garder ses talents, et maintenant crise de l'énergie qui menace de multiplier par deux, cinq ou dix les factures des
entreprises ! »
Des bilans 2023 problématiques
Une équation qui ne sera pas tenable pour beaucoup d'entreprises qui ne pourront pas répercuter toutes ces augmentations de coûts sur leurs prix de vente sans perdre leur compétitivité. Leurs seuls leviers pourraient alors être de licencier ou, pour les plus touchés, de mettre la clé sous la porte...
« Par exemple, certains commerces vont passer de 1.000 à 1.500 euros d'électricité par mois : c'est énorme pour une petite structure,souligne Grégory Blanvillain.Les plus petites entreprises n'ont souvent pas de directeur administratif et financier pour calculer leur rentabilité et à mi-bilan, ni de tableaux de bord réguliers. Elles se sont rendu compte que leur poste carburant avait déjà atteint le niveau 2021 ! Les difficultés vont se voir dès les premiers bilans de 2022, mais surtout en 2023 qui sera une année complète de remboursement des PGE. Les dettes fiscales et sociales ont été appelées à partir de cet été donc les échéancier démarrent.Alors qu'il faudrait dégager entre cinq et dix points de marge supplémentaire pour faire face à ces dettes, beaucoup de TPE et PME se retrouvent plutôt à la réduire comme peau de chagrin ! »
« Des trous dans la raquette »
Pour soutenir les entreprises en difficultés par rapport à l'envolée des prix de l'énergie, le gouvernement a annoncé des dispositifs d'aide : l'extension du bouclier tarifaire électricité aux petites entreprises de moins de 10 salariés ayant un chiffre d'affaires inférieur à deux millions d'euros, et un dispositif d'aide dite d'urgence gaz et électricité ciblant les PME de 10 à 250 salariés dont les achats de gaz et d'électricité en 2021 atteignaient au moins 3% de leur chiffre d'affaires 2021 et qui connaissent un doublement de leur coût unitaire d'achat d'électricité ou de gaz.