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ClimatEnergie & Environnement

Énergie: le plan de Bruno Le Maire pour soutenir une industrie prise à la gorge

Photo de Coline Vazquez

Coline Vazquez

Publié le 13 octobre 2022 à 11:43 - Mis à jour le 13 octobre 2022 à 11:46

Le ministre francais de l'economie, bruno le maire, lors d'une conference de presse au ministere des finances de bercy

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire s'exprimait au sujet des pénuries, notamment de carburant, qui touchent la France.

BENOIT TESSIER

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Ce jeudi, le ministre de l’Économie a déploré que la hausse de l'énergie ait fait perdre 10% à la production industrielle française au quatrième trimestre. Pour soutenir les entreprises, en particulier les PME, le ministre a détaillé, une nouvelle fois, les deux mesures qu'il entend mettre en œuvre : une simplification de l'aide d'urgence « gaz et électricité », déjà en vigueur mais trop peu utilisée, ainsi que l'application à l'échelle européenne du « mécanisme ibérique » permettant de découpler le prix du gaz et celui de l'électricité.

Pénuries de gaz, d'électricité, de carburants... les tensions sur l'énergie en France ne cessent de s'accumuler et inquiètent les Français. Depuis plusieurs jours, ces derniers doivent s'armer de patience s'ils veulent espérer faire le plein de carburant tant les pompes à essence en manquent. En cause, les grèves qui touchent six des sept raffineries que compte le pays. En parallèle, les ménages sont invités à multiplier les « écogestes » en prévision de l'hiver qui pourrait être marqué par des coupures d'électricité en cas de pics de consommation.

Du côté des entreprises, les perspectives sont d'autant plus inquiétantes que les prix du gaz et de l'électricité, qui se maintiennent à des sommets, pèsent considérablement sur leur activité. Selon le ministre de l'Économie, qui s'exprimait ce jeudi lors d'une conférence de presse en présence Roland Lescure, ministre délégué chargé de l'Industrie, et Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des PME après avoir rencontré les représentants des fédérations professionnelles, « les prix de l'électricité et du gaz continuent de pénaliser une grande partie de l'économie française ». Leur augmentation a ainsi « conduit pour le quatrième trimestre à une réduction de 10% de la production industrielle en France », a-t-il déploré. C'est donc auprès des entreprises qu'il a tenu à s'exprimer, assurant qu'aucune de celles qui ne pourraient pas payer ses factures de gaz ou d'électricité ne sera laissée de côté.

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Un dispositif«le plus simple, rapide et massif possible»

Pour ce faire, le ministre a détaillé les contours du fonds de soutien qui est déployé pour soutenir les entreprises, en particulier les PME. Ce dernier est déjà en vigueur, mais trop compliqué, il avait dû être simplifié mi-septembre. En effet, à cette époque, seuls 50 millions d'euros sur 3 milliards budgétés avaient été décaissés. « Si les aides ne sont pas décaissées, ce n'est pas de la faute des entrepreneurs, c'est qu'on doit encore simplifier les choses », avait alors admis Olivia Grégoire. Mercredi, Bercy a, de nouveau, indiqué simplifier cette aide d'urgence « gaz et électricité ». « Aujourd'hui, pour avoir droit à ces aides, il faut que votre facture énergétique représente 3% de votre chiffre d'affaires en 2021 », a ainsi pointé Bruno Le Maire. « Pas de chance, ça peut représenter moins de 3% en 2021 et représenter 5%, 6% ou 7% en 2022, et c'est le cas de beaucoup d'artisans-boulangers et de boulangeries industrielles », a-t-il cité en exemple. « Nous allons déplacer ce curseur, les 3% ne seront plus sur 2021, mais sur les derniers mois de 2022 », a-t-il assuré, expliquant que « si votre facture d'énergie représente plus de 3% de votre chiffre d'affaires non pas en 2021, mais fin 2022, au moment où les prix de l'énergie ont explosé, vous aurez droit à ces aides ».

Ce jeudi, il a martelé sa volonté de mettre sur pied un dispositif d'aide « le plus simple, rapide et massif possible pour toutes les PME et entreprises industrielles qui ne pourraient pas payer leurs factures de gaz et d'électricité ». « Des aides au cas par cas, ciblées, mais efficaces pour chacune des entreprises qui en auraient besoin », a-t-il insisté. Concrètement, elles devront « s'inscrire sur le site des finances publiques et apporter la preuve de la part d'énergie dans leur chiffre d'affaires ».

Par ailleurs, Bruno Le Maire a précisé avoir « demandé à la Commission européenne que les aides puissent aller jusqu'à 4 millions d'euros », contre 2 actuellement, espérant que le nouveau dispositif « soit possible dans les premiers jours de novembre ».

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Le ministre de l'Économie a avancé une deuxième réponse, « structurelle » celle-ci, pour répondre à la crise énergétique qui frappe la France, mais également l'Europe toute entière. Paris milite, en effet, « pour un découplage des prix du gaz et des prix de l'électricité afin que le mécanisme ibérique permettant d'avoir un prix de l'électricité au plus bas à la sortie soit étendu à l'ensemble des pays européens », a-t-il affirmé, admettant qu'il s'agit là d'un « combat difficile ».

Pour rappel, et comme l'expliquait La Tribune début octobre, « le mécanisme ibérique » ne consiste pas à acheter le gaz moins cher à ceux qui en produisent, mais à dédommager a posteriori les opérateurs de centrales thermiques à "cycle combiné gaz" (CCG), qui s'approvisionnent elles-mêmes en gaz et génèrent de l'électricité à partir de cet hydrocarbure.

En d'autres termes, l'État subventionne le gaz afin d'abaisser à 40 euros le mégawattheure (MWh) le coût du combustible pour les CCG. « Si le gaz importé en Espagne coûte 300 euros le MWh, l'État paie la différence entre 300 et 40 », explique Jacques Percebois, économiste et spécialiste de l'énergie. Cela permet aux opérateurs de vendre moins cher l'électricité obtenue à l'issue de cette opération. En contrepartie de ce geste de la part de l'État, les ménages espagnols et portugais ainsi que les professionnels doivent payer une taxe qui s'élève à 15 centimes environ du kilowattheure (kWh), soit 150 euros le MWh, conduisant à une hausse du montant de leurs factures énergétiques quand elles étaient censées baisser.

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Pour autant, la France maintient sa volonté de voir appliquer « le mécanisme ibérique » à l'échelle de toute l'Europe. « C'est une condition aujourd'hui pour soulager l'industrie européenne et française », a martelé Bruno Le Maire.

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Enfin, le ministre de l'Économie a confirmé, lors de sa prise de parole, que la remise sur le carburant s'arrêtera fin décembre. « Si les prix du carburant devaient continuer d'augmenter, nous avons prévu un dispositif de secours qui est ciblé sur toutes celles et ceux qui sont obligés d'utiliser leur voiture pour aller travailler », a, néanmoins, assuré Bruno Le Maire, précisant qu'il est « financé par une enveloppe de 1,7 milliard dans le budget 2023 ».

Coline Vazquez

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