La REF (Rencontre des entrepreneurs de France) du Medef Hérault Montpellier, qui s’est déroulée le 7 septembre, avait logiquement choisi la métamorphose du monde du travail comme thématique. Crise de fidélisation des salariés, retournement du marché de l’emploi et crise du recrutement, bouleversement des organisations du travail… Les entreprises, soumises à l’épreuve du changement, sont contraintes de se regarder dans le miroir pour faire évoluer leurs paradigmes.Le propos n'est pas nouveau et l'exercice introspectif n'en est probablement qu'à ses débuts... Le monde du travail change et plus personne ne peut ignorer ces évolutions à l'œuvre, et certainement pas les entreprises. Conscient de ce phénomène, le Medef Hérault Montpellier avait placé la 2e édition de sa REF (Rencontre des entrepreneurs de France) locale, le 7 septembre, sous le signe de la thématique « Futur du travail : la grande métamorphose ».
Dans une allocution enregistrée, à défaut d'avoir pu honorer l'invitation qui lui avait été faite par le Medef (Conseil national de la refondation oblige...), Olivier Dussopt, le ministre du Travail et du plein emploi, a affirmé que « tous ceux qui ont annoncé la fin du travail se sont trompés : le travail a de l'avenir, en revanche, la nature du travail et sa place dans la vie de chacun sont en question, et oui, on peut parler de métamorphose ».
« Les Français considèrent le travail comme de moins en moins important dans leur vie et à cette forme de désengagement s'ajoutent des difficultés comme l'usure professionnelle, l'absentéisme ou les tensions de recrutement,a poursuivi le ministre.Nous ne nous passerons pas du travail mais il faut prendre soin de ce qu'on en fait... Nous pouvons faire encore mieux pour revaloriser les salaires les plus faibles. L'attractivité des métiers n'est pas la seule prérogative de l'Etat : les partenaires sociaux, les entreprises, les responsables syndicaux sont aussi responsables de ce dialogue social autour des salaires. La revalorisation du travail doit être un effort davantage partagé. Pour ce qui est de retrouver du sens, il faut reconnaître les nouvelles attentes et aspirations des Français : un désir d'organiser le travail avec davantage de discussions dans l'entreprise, une meilleure conciliation vie professionnelle et vie privée, le développement de davantage de mobilité... Travailler mieux est un axe prioritaire de ma feuille de route. »
Être dans une compétition loyale
« Les entreprises ont augmenté les salaires de 4,5% l'an dernier, elles font le job,avait affirmé un peu plus tôt Fabrice Le Saché, vice-président et porte-parole du Medef, qui remplaçait le président national Patrick Martin, lui aussi convié au Conseil national de la refondation. Mais entre la France et l'Allemagne, il y a encore sept points de différence de marge dans les entreprises. Or il faut des marges de manœuvre pour créer une dynamique industrielle, pour investir dans les transitions, pour être dans une compétition loyale avec les autres pays. »
Dans cette bataille rangée, les entreprises ne peuvent pourtant pas faire l'économie de considérer et d'analyser les transformations du monde du travail en cours. Des transformations que Marion Polge, maître de conférences à l'Institut Montpellier Management (université de Montpellier) qualifie d'« irréversibles », évoquant l'émiettement des lieux de production, le télétravail ou le nomadisme professionnel.
Sur la question, de plus en plus débattue dans les entreprises, de la semaine à quatre jours, le ministre Olivier Dussopt avait déclaré dans son allocution que « la semaine de quatre jours, c'est déjà un outil à la main des entreprises et elle doit rester un outil de négociation ».