Depuis le 28 juin, Pierre Bories est le nouveau président du Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc (CIVL). Selon la règle de l'alternance, c'était au tour du négoce de prendre la tête de l'interprofession languedocienne, après les trois années de présidence de Christophe Bousquet, représentant de la production. Un passage de relais sans suspense, puisqu'il était le seul candidat.
LA TRIBUNE - Vous accédez à la présidence du CIVL dans un contexte compliqué : la conjoncture est préoccupante, les stocks sont au plus hauts du fait de la mévente des vins, le budget de l'interprofession a fortement diminué suite au départ des AOC Corbières et Fitou, et les dissentions internes avec les metteurs en marché directs sont toujours d'actualité. Aucun de vos confrères n'a souhaité postuler. Tout cela ne vous a pas refroidi ?
Pierre BORIES - Peut-être suis-je trop optimiste, mais il me semble que ça peut difficilement être pire et que ça ne peut aller que mieux. Plus sérieusement, je suis tout à fait conscient des difficultés de notre filière. Mon objectif le plus immédiat est de réunir la famille des AOC et de faire revenir les appellations qui nous ont quittés. Dans la crise que nous traversons, nous avons besoin d'être unis. La situation est tellement grave que ce serait catastrophique qu'on n'arrive pas à se parler et trouver des pistes d'objectifs communs. Nous avons déjà eu quelques discussions avec les ODG (organismes de défense et de gestion, NDLR) qui nous ont quittés. J'ai bon espoir qu'on arrive à dégager une vision commune afin de mettre en œuvre une stratégie collective. En tous cas, je vais y œuvrer durant ces premiers mois de mon mandat.