« Les juges enterrent Sauramps », « Licenciés alors qu'on aurait pu être sauvés », « Salariés soldés par le tribunal »... Jeudi 29 juin, soit au lendemain de la décision du tribunal de commerce passant le groupe montpelliérain Sauramps dans l'escarcelle du groupe Le Furet du Nord, des pancartes expriment la colère des salariés des librairies du Triangle et d'Odysseum.
Quasiment tous sont en grève, rassemblés devant les portes du magasin d'Odysseum condamné à fermer ses portes prochainement, afin de protester contre une décision qu'ils jugent « scandaleuse » au regard de la proposition, mieux disante socialement, de la société Ametis, portée par François Fontès et Bertrand Barascud.
L'offre retenue par le tribunal prévoit la reprise de 47 salariés en centre ville de Montpellier (Triangle, Polymôme et Musée Fabre) et de 10 salariés à Alès. Mais abandonne la librairie d'Odysseum et ses 26 salariés. Au total ce sont 62 salariés du groupe montpelliérain qui vont se retrouver sans emploi, auxquels s'ajoutent 11 CDD qui n'avaient pas été reconduits. Il y a un an, au moment du placement sous mandat ad hoc de l'entreprise, ils étaient 130...
Le sens de la décision du tribunal ? Vraisemblablement la volonté de ne pas prendre de risque en désignant une structure qui oeuvre déjà dans le secteur de la librairie. Les salariés qui battaient le pavé ce jeudi sont amers à plusieurs titres.
La crainte souvent exprimée sur le projet du repreneur désigné, c'est la mise en place d'une stratégie qui limite la place du livre au profit d'un mix-produit proche du concept des magasins Cultura.
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Une autre chose le préoccupe : « les 26 salariés d'Odysseum n'auront pas droit au plan social (Le Furet du Nord abondera aussi à hauteur de 100 000 € au plan social, NDLR) car c'est une filiale et qu'ils ne sont pas assez nombreux. Les offres de reclassement du Furet du Nord ne les concernent donc pas non plus... ».
Des offres de reclassement qui proposent six postes de logistique de nuit à Lille, et 19 postes de vendeur en région parisienne...
Les salariés n'ont pas dit leur dernier mot. En marge de ce mouvement de grève, ils misent sur une intervention du Procureur de la République.
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