Les mois se succèdent et le discours reste le même : la crise de l'offre sur les marchés immobiliers du neuf s'accentue sur tout le Languedoc-Roussillon, et les mises en vente poursuivent inexorablement leur baisse. Au vu des chiffres du premier trimestre 2021, les promoteurs immobiliers régionaux affichent leur inquiétude.
Car malgré une légère reprise des ventes, les perspectives ne sont pas bonnes et la crise sanitaire n'a fait que confirmer une crise de l'offre amorcée en 2018. Depuis 2019, la forte inertie dans le montage des opérations et un manque récurrent de renouvellement de l'offre foncière contribuent à un effondrement des mises en vente de logements neufs.
En 2020, sur le périmètre du Languedoc-Roussillon, les mises en ventes* avaient diminué de plus de 30% par rapport à 2019. Au 1er trimestre 2021, avec 879 logements mis en vente, la baisse est de 17% par rapport au 1er trimestre 2020. Et les promoteurs immobiliers régionaux rappellent qu'au premier trimestre 2018, la production en Languedoc-Roussillon dépassait les 2.200 logements, soit presque trois fois plus.
Un stock qui représente 12,1 mois de commercialisation, contre 9,9 mois au 1er trimestre 2020, mais « l'offre commerciale de logements collectifs en projet baisse de -3% et celle livrée de -22% », précise la FPI Occitanie Méditerranée.
Le premier trimestre 2021 a vu le volume des ventes augmenter de 32% (1.151 réservations nettes) par rapport au premier trimestre 2020, surtout porté par le marché métropolitain de Montpellier (+ 39%) où des opérations se sont débloquées après la crise Covid, preuve, selon les promoteurs, d'une demande présente et constante.
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Sur la Métropole de Montpellier, la production est divisée par 2,5 en trois ans et par trois sur quatre années. Les mises en vente baissent de 5% au premier trimestre 2021 (496 logements).
Le volume de ventes nettes augmente par rapport au 1er trimestre 2020 (+ 39%, avec 591 logements vendus), mais reste bien en-deçà des premiers trimestres des années précédentes.
Sous l'effet conjugué de la diminution des mises en vente et de l'importance des désistements comme des retraits de logements de la commercialisation, l'offre disponible augmente de 12% par rapport au 1er trimestre 2020 (2.194 logements VS 1.951) mais reste toujours inférieure au niveau de 2017 où elle flirtait avec les 3.000 logements.
Sur la seule ville de Montpellier, les mises en vente ont baissé de - 42%, alors que la ville pèse pour la moitié du marché métropolitain.
Philippe-Antoine Brouillard, directeur général de Vestia Promotion, annonce que « la FPI s'est rapprochée de l'OMH (Occitanie Méditerranée Habitat, qui fédère 29 organismes d'habitat social dans l'ex-Languedoc-Roussillon, NDLR) pour travailler en amont à la production de logement social via un partenariat, comme ça se fait déjà sur Sète agglomération au travers d'une charte ».
Alors que Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la métropole, est aux manettes depuis bientôt un an, les promoteurs immobiliers affirment avoir bien compris où voulait aller le nouvel élu et comment...
Sur les villes moyennes de l'ex-Languedoc-Roussillon, les situations diffèrent grandement.
Sur Béziers et Narbonne, toutes deux sorties du dispositif de défiscalisation Pinel, les promoteurs parlent aujourd'hui d'une décision qui signe « un manque de vision totale du territoire » qui a « tué le marché ».
De fait, au premier trimestre 2021, les deux marchés sont atones : aucune mise en vente et 33 ventes sur l'agglomération de Béziers, aucune mise en vente et 26 ventes sur celle de Narbone.
A Sète, la situation n'est guère plus florissante (aucune mise en vente et 81 ventes), mais les promoteurs sont plus optimistes.
Sur la communauté urbaine de Perpignan, le marché est stable, selon le président de la FPI Occitanie Méditerranée, « même si on observe une baisse des mises en vente de 74% (51 logements mis en vente contre 194 en 2020, NDLR) ». En raison de la proximité du littoral méditerranéen, « le terrain de jeu reste attractif », assure Thierry Lacazio.
La bonne surprise, dans les villes moyennes du territoire languedocien, vient de la ville de Nîmes, où des opérations de rénovation ont généré une nouvelle belle attractivité. Ce marché immobilier retrouve incontestablement des lettres de noblesse.
Le point noir du secteur sur le Languedoc-Roussillon reste la dynamique haussière des prix, généralisée à tous les marchés et qui s'inscrit dans la durée. En sept ans, le prix moyen au m2 habitable (hors parking) a déjà augmenté de 700 euros sur la métropole de Montpellier. Et cette hausse se poursuit au 1er trimestre 2021 sur la métropole de Montpellier, où le prix moyen au m2 habitable est de 4.432 euros (+ 4,6% par rapport au 1er trimestre 2020).
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Les autres villes du Languedoc-Roussillon, les prix sont stables à Nîmes (3.496 euros/m2, - 0,4%), Narbonne (3.263 €, + 0,9%) et Perpignan (3.495 €, + 1,3%), mais connaissent des pics d'augmentation à Sète (3.864 euros/m2, + 5,7%) et à Béziers (3.778 euros/m2, + 6,4%).
* Source : Adéquation
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