Le logement, comme le pouvoir d’achat, est une thématique de campagne des présidentielles. En Occitanie, c’est historiquement le Languedoc-Roussillon qui porte les plus gros enjeux en matière de logements sociaux. La Tribune a récupéré les derniers chiffres connus des deux départements locomotives de la région, l’Hérault et la Haute-Garonne. Etat des lieux.La question du logement, et notamment du logement social, aura sa place dans la campagne présidentielle. La Fondation Abbé Pierre a déjà mis le sujet sur la table lors de son rapport annuel sur le mal-logement fin janvier, dénonçant plus de quatre millions de mal-logés et quatorze millions de personnes fragilisées par la crise du logement. Le 8 février, c'est un collectif de 59 élus locaux, issus de la gauche, qui venait dire, dans une tribune au journal Le Monde, son indignation face à l'aggravation de la crise du logement. L'entrée de cette thématique dans le débat, ce sont aussi les propos du candidat Eric Zemmour sur les logements sociaux qui ont déclenché la colère (et un dépôt de plainte) du mouvement HLM en France.
La loi SRU (loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain, votée en 2000) impose un quota de 20 à 25% logements sociaux dans les villes de plus de 3.500 habitants d'une unité urbaine de plus de 50.000 habitants. Les communes SRU déficitaires sont soumises à des objectifs de rattrapage évalués tous les trois ans par l'État. En 2017, au titre du bilan triennal 2014-2016 de la loi SRU, 649 des 1.152 communes françaises soumises au dispositif n'avaient pas atteint le niveau de production fixé par la loi, et 269 étaient in fine considérées comme carencées. Sur ces 269 communes, 33 se trouvaient en Occitanie, dont 30 sur l'ex-Languedoc-Roussillon.
Alors qu'on ne connait pas encore les chiffres du bilan triennal 2020-2022, où en était-on en Occitanie en 2020, au titre du bilan 2017-2019 ?
« Il existe encore plus d'une centaine de communes déficitaires en logements sociaux en Occitanie et certaines l'assument et paient l'amende »,regrettait il y a quelques jours Michel Calvo, président d'Occitanie Méditerranée Habitat (29 organismes d'habitat social, 126.500 logements sociaux qui hébergent 400.000 personnes sur le périmètre de l'ex-Languedoc-Roussillon) et président de l'association régionale Habitat Social en Occitanie (qui est en train de rassembler des deux associations HLM préexistantes sur les territoires des ex-régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées), interviewé parLa Tribune.
La Tribune a récupéré les chiffres des deux départements locomotives de la région, l'Hérault et la Haute-Garonne.
25.979 logements sociaux manquants
Selon les dernières données publiées par la DDTM (direction départementale des territoires et de la mer) en 2020, le baromètre de la mixité sociale dans l'Hérault fait état de 69.380 logements locatifs sociaux (LLS, 60.777 en 2017). Soit un taux de 18,15% de LLS (16,8% en 2017) et 25.979 LLS manquants (29.695 en 2017).