Plusieurs défis se font face : le changement climatique et la nécessité d’améliorer les performances énergétiques des bâtiments, la nécessaire réduction de l’artificialisation des sols et celle de loger les gens alors que le marché immobilier s’est crispé, voire figé. Pourtant une partie de l’équation, insuffisamment connue, émerge : le parc immobilier français est largement sous-occupé. La sobriété immobilière devient ainsi un futur désirable, passant notamment par une meilleure optimisation du parc existant. Des enjeux évoqués lors du Congrès national du bâtiment durable, qui se tient les...... et 6 décembre à Montpellier.
A l'heure du changement climatique et du zéro artificialisation nette (ZAN), la sobriété peut (doit) aussi être immobilière. D'une part, le secteur du bâtiment est souvent pointé du doigt comme responsable de près de la moitié de la consommation d'énergie et d'un quart des émissions de gaz à effet de serre en France, mais aussi consommateur d'un foncier qu'il faut arrêter d'artificialiser. D'autre part, le logement, notamment le logement neuf, traverse une crise inédite qui fige le marché et met la France sous pression.
Pourtant, à y regarder de près, une partie de l'équation est insuffisamment traitée. Le parc de bâtiment existant est largement sous utilisé : logements vacants, résidences secondaires, sous-occupation des logements, faible durée d'utilisation des bâtiments tertiaires... La Ville de Paris vient de rendre publiques les conclusions d'un rapport qui fait part d'une explosion du nombre de logement inoccupés (262.000 logements en 2020, contre 191.000 en 2011), avec près d'une habitation sur cinq qui est aujourd'hui inoccupée.
Cette sous-occupation du parc existant était l'une des thématiques abordées lors du Congrès national du bâtiment durable, qui se tient à Montpellier ces 5 et 6 décembre.
8,9 millions de logements sous-occupés
Selon une note du groupe Réflexions Bâtiments Responsables et Territoires du Plan Bâtiment Durable, 8% du parc actuel est en sur-occupation, mais 8% est vacant, 10% occupé occasionnellement (les résidences secondaires principalement), 37% en sous-occupation, 19% en sous-occupation très accentuée (c'est à dire avec trois à quatre pièces de plus que d'habitants). Ce qui donne quelque 1,5 millions de logements sur-occupés en zones tendues et 8,9 millions de logements sous-occupés, dont 2,8 millions en zones tendues, ces derniers étant occupés à 86% par des petits ménages, plutôt âgés, propriétaires à 84% et en maison individuelles à 86%.