En pleine crise du secteur du logement, de l'immobilier et du bâtiment en général, les allées du salon de l'immobilier de Montpellier (du 15 au 17 mars) étaient plus clairsemées mais le salon s'est maintenu. Les organisateurs, chez Cible Publicité, aiment à dire qu'il est l'un des rares salons en France à avoir résisté, Guilhem Michel ajoutant que cette année, « ça a été dur de le sortir ». L'impact de la crise sur le salon montpelliérain, habituellement plutôt bien fréquenté en raison de la dynamique de marché, a été palpable et l'organisateur avance le chiffre de 2.100 visiteurs (unique chiffre disponible), contre 4.300 l'an dernier...
C'est le maire de la ville et président de la Métropole de Montpellier, Michaël Delafosse (PS), qui a ouvert les festivités, avec un discours de mobilisation mais aussi très ouvertement agacé. Quelques jours avant, le 11 mars, le nouveau ministre du Logement Guillaume Kasbarian était en déplacement à Montpellier, invité par le quotidien régional Midi Libre pour un échange avec ses lecteurs. L'élu montpelliérain semble avoir peu goûté que le ministre ne daigne pas lui faire un signe.
«Le ministre du Logement, qui vient sur ce territoire où il y a une telle dynamique, où l'on fait du réinvestissement urbain à la Restanque, de la surélévation à la Cité Créative ou de la transformation de bureaux en logements sur le site de Groupama, aurait pu venir discuter avec les élus,single l'édile montpelliérain. Les élus locaux ne peuvent pas être seuls sur ces sujets, certaines dispositions relèvent du législateur ou de la loi de finances. Aujourd'hui, il y a un acteur qui ne répond plus présent sur le logement, c'est le gouvernement ! (...) Je veux mettre le sujet du logement à l'agenda national. Les maires doivent prendre ensemble une forme de leadership. Que le ministre vienne à Montpellier et je lui ferai une proposition : libérer du foncier public d'Etat ».
L'élu local rappelle que la métropole a voté un plan Logement d'une centaine de millions d'euros en juillet 2023 (dont 78 pour la production de logements sociaux, 23 pour l'accession abordable). Et tacle certaines des mesures proposées par Guillaume Kasbarian, notamment la digitalisation des procédures, déjà largement utilisée sur la chaîne de fabrication de la ville... Michaël Delafosse s'insurge également avec virulence sur la volonté du gouvernement de revenir sur la loi SRU : « Elle a survécu à tous les gouvernements de gauche et de droite car elle fait consensus, et aujourd'hui, on voudrait revenir dessus car il y a des maires qui ne veulent plus construire sur leur territoire ?! ».