Restriction budgétaire, effet multiplicateur et idéologie

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Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires défend la rigueur budgétaire Copyright Reuters
Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires défend la rigueur budgétaire Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le FMI a fait son mea culpa, estimant que les politiques budgétaires restrictives nuisaient plus que prévu à la croissance. A l'inverse, la Commission européenne campe sur ses positions : les restrictions budgétaires ont peut d'impact sur la croissance, affirme-t-elle, car les effets multiplicateurs sont faibles

Quel sera finalement l'impact sur l'économie des hausses d'impôt historiques programmées en France pour 2013? Elles atteindront 30 milliards d'euros au total en 2013, y compris les coups partis avant l'arrivée de François Hollande au pouvoir.

Avec les économies sur les dépenses, la restriction budgétaire dépassera les 40 milliards d'euros, soit 2 points de PIB. « On est là à l'extrême limite de ce qui peut être supporté, le risque existe de basculer dans le cercle vicieux de l'austérité » estime l'économiste Florence Pisani (Dexia Asset Management). Absolument pas, lui répond la secrétaire nationale du PS à l'Economie, l'économiste Karine Berger. « Les mesures sont particulièrement bien ciblées. Leur effet multiplicateur est très faible, inférieur à 0,5 ».

Un concept keynésien
Multiplicateur ? Jamais les débats entre économistes n'ont été aussi vifs sur ce concept inventé par Keynes. Pour résumer, il s'agit de l'impact de la politique budgétaire sur l'activité économique, mesurée par le PIB. Keynes expliquait qu'une mesure de relance budgétaire était susceptible d'avoir un effet bien supérieur à son montant initial : un investissement public permet de redonner de l'emploi à des chômeurs, qui dépenseront leurs revenus, lesquels entraîneront des productions supplémentaires, donc des revenus en plus, etc.

C'est ce qu'il a appelé l'effet multiplicateur. Si Keynes l'a théorisé pour mieux défendre des politiques de relance, les multiplicateurs dont il est question, aujourd'hui, ont évidemment trait à des restrictions budgétaires, qui ont cours dans tous les pays européens.

Sont-ils faibles ? Dans ce cas, les politiques de réduction du déficit n'ont qu'un impact limité sur le PIB. Sont-ils élevés ? La configuration est alors inverse. Et la stratégie de restriction budgétaire peut avoir l'effet opposé à celui qui est recherché, à savoir la baisse des déficits : si la baisse des dépenses et/ou les baisses d'impôt sont brutales, elles peuvent accentuer la récession, provoquant chute des recettes fiscales et hausse des dépenses sociales et donc une augmentation du déficit public.

L'apport du maître de Cambridge

C'est cette deuxième thèse que soutiennent bien sûr les keynésiens, qui défendent logiquement l'apport théorique du maître de Cambridge, contre les économistes néo-classiques, lesquels minimisent l'effet récessif des politiques restrictives.

L'argument de...

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Commentaires
a écrit le 11/12/2012 à 21:27 :
Au secours, les gens de Dexia donnent des conseils !!! Après leur faillite retentissante, c'est sûr qu'on a vraiment envie de leur donner la parole et de suivre leurs conseils !!! Mais pourquoi leur donnez vous la parole ????

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