Catherine Chadelat (Conseil des ventes volontaires) : « Une société condamnée pour blanchiment ne doit pas continuer d'exercer »
Denis Lafay
Denis Lafay
Le Conseil des ventes volontaires (CVV), saisi par le Commissaire du gouvernement auquel est rattaché un commandant de police, peut prononcer des peines disciplinaires contre les commissaires-priseurs et les maisons de ventes, individus comme sociétés. Selon l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme concernant le procès équitable, il appartient au « seul » Commissaire du gouvernement de solliciter le Conseil pour lancer une procédure, et « l'auto saisine par la présidence est juridiquement impossible ».
Pourquoi, en dépit d'une condamnation de la société de ventes pour un « fait de blanchiment » qui constitue une « infraction grave dans la jurisprudence du Conseil », les magistrats qui se sont succédé au poste de Commissaire du gouvernement depuis décembre 2012 n'ont-ils pas fait procéder au déclenchement d'une procédure ? Et alors même que, comme le précise, Catherine Chadelat, « on ne peut pas continuer d'exercer lorsqu'on a fait l'objet d'une sanction pénale aussi grave » ? D'aucuns considèrent l'anachronisme très étrange.
Et la présidente de rappeler qu'elle est tenue de « ne jamais inciter le Commissaire du gouvernement à provoquer le lancement d'une procédure, quelle que soit mon appréciation personnelle et même lorsque cela me vient à l'esprit » mais qu'elle peut « partager une opinion ou un sentiment » que lui inspire tout cas. La ligne de démarcation est fine, presque imperceptible...
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Reste une interrogation : ne peut-on pas considérer étonnant que le CVV sanctionne chaque année environ 400 dossiers - dans leur majorité, des négligences portant sur des remises de fonds différés, des prix de réservation, des états d'objet éloignés de la réalité, etc. - et ne punisse pas une société condamnée pour blanchiment ?
Denis Lafay