Forte hausse des transactions dans les énergies renouvelables en 2011

Le bilan annuel des fusions et acquisitions dans les énergies renouvelables publié par PWC souligne le poids des acteurs européens et français dans les opérations de 2011, dont la valeur globale a augmenté de 40 % pour atteindre un record de 40,5 milliards d'euros.
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En dépit d'un climat économique et réglementaire incertain, les fusions-acquisitions dans le secteur des énergies renouvelables (ENR) ont battu un record en 2011. Malgré une baisse de 6 % en volume, le montant des opérations recensées par PWC a atteint le montant de 53,5 milliards de dollars (40,51 milliards d'euros) en 2011, contre 38,2 milliards de dollars en 2010.

Cette croissance s'accompagne d'un mouvement de consolidation. PWC anticipe la constitution de quelques gros acteurs aux Etats-Unis, en Allemagne et en Chine, aussi bien dans l'éolien que dans le solaire.

Les Français très actifs en 2011

En Europe, qui concentre 56 % des opérations en valeur, l'activité s'est accrue de 80 % par rapport à l'année précédente, pour atteindre 30 milliards de dollars (22,7 milliards d'euros). Sur le Vieux Continent, la question du coût de l'énergie pour le consommateur final et la crise des finances publiques ont conduit de nombreux Etats à réviser à la baisse les aides accordées aux ENR. Pourtant, les investisseurs sont toujours plus nombreux à parier sur le rôle que les énergies renouvelables seront amenées à jouer dans le mix énergétique, et sur leur capacité à devenir très prochainement rentables, y compris en l'absence de subventions publiques.

Notons que cinq des dix transactions les plus importantes réalisées en 2011 ont été réalisées par des entreprises européennes, dont trois françaises : le rachat des minoritaires de EDF EN par sa maison mère (2,077 milliards de dollars), celui du géant américain du photovoltaïque SunPower par Total (1,37 milliard) et celui de l'éditeur espagnol de logiciels de gestion d'énergie Telvent par Schneider Electric (1,36 milliard de dollars).

Aux Etats-Unis, le montant total des transactions atteint 15,3 milliards de dollars, en baisse de 5 % par rapport à 2010. Le solaire et l'efficacité énergétique, qui ont connu un doublement de leur activité à la faveur de quelques transactions d'importance, représentent près de 80 % des fusions-acquisitions qui y sont réalisées.

Mais le poids des opérations dans ces secteurs n'a pas suffi à compenser la baisse de 35 % observée dans l'éolien. Ce dernier subit la concurrence du gaz, dont le prix baisse en raison des découvertes de gaz de schiste, et souffre de l'incertitude autour de la pérennité des mécanismes de soutien en vigueur aux Etats-Unis (notamment un avantage fiscal qui pourrait disparaître à la fin de l'année).

L'Asie-Pacifique et l'Amérique latine dans le jeu

L'Asie-Pacifique se hisse à près d'un tiers (27 %) en volume des transactions réalisées dans le monde. En valeur en revanche, leur montant a diminué de 29 %, passant de 20 à 14 milliards de dollars. Des chiffres qui ne tiennent pas compte de la flambée des introductions en Bourse, qui ont eu lieu en Chine, dont Sinohydro (hydroélectrique), Sinovel (éolien) ou encore la branche "renouvelables" de Huaneng (énergéticien).

A l'image du fonds japonais Marubeni Corporation, qui a pris une participation dans un projet éolien offshore développé par le Danois Dong Energy au Royaume-Uni, on voit apparaître de premières opérations menées sur des cibles occidentales par des acteurs asiatiques venus de Chine, du Japon ainsi que de Corée du Sud et Singapour.

L'Amérique du Sud a également vu une augmentation des opérations, qui sont passées de 3,8 à 6,2 milliards de dollars entre 2010 et 2011.

Le solaire passe devant l'éolien

Historiquement, l'hydro-électricité a dominé les opérations dans les énergies renouvelables, mais cela n'est plus le cas. De plus en plus de deals atteignent de plus d'un milliard d'euros dans les « nouvelles ENR » telles que le solaire, l'éolien ou la biomasse. L'efficacité énergétique, de plus en plus souvent assimilée à une énergie renouvelable, complète le quatuor de tête en 2011. A eux deux, l'éolien et le solaire pèsent 59 % des transactions en valeur. Pour la première fois, les opérations ont été plus nombreuses dans le solaire que dans l'éolien.

Le secteur du solaire est confronté à la fois à l'effondrement des prix et aux difficultés de financer les projets. Ce qui a conduit à plusieurs faillites spectaculaires : Solyndra et Evergreen aux Etats-Unis, ainsi que Solon, qui vient d'être repris par le fabricant de cellules solaires Microsol fondé par des Indiens aux Emirats arabes unis,) et Solar Millenium en Allemagne. Mais certains marchés semblent suffisamment prometteurs pour motiver des investisseurs. Ainsi, la croissance attendue sur le marché indien, qui devrait passer de 800 à 1.200 MW, a conduit le conglomérat Tata à racheter à BP la part qu'il détenait dans leur co-entreprise Tata BP Solar.

Le secteur de l'éolien a également connu de nombreux déboires : de multiples retards dans la réalisation de projets, des rendements inférieurs aux prévisions et enfin les difficultés rencontrées par le leader mondial Vestas. La quasi impossibilité à évaluer précisément le marché chinois, potentiellement le premier au monde, ne favorise guère la visibilité.

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