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Eolien offshore : les patrons d'Areva et d'Alstom s'affrontent à fleuret moucheté

Dominique Pialot

Publié le 14 mars 2012 à 04:00

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Les patrons des fabricants français de turbines montent au front pour défendre leur candidature.

A environ deux semaines des résultats de l'appel d'offres éolien offshore français, qui porte sur cinq sites, les candidats en lice intensifient leur lobbying. Surtout les « turbiniers », prompts à vanter les points forts de leurs machines respectives. L'allemand Siemens, allié à GDF Suez sur le site de Saint-Brieuc, et aujourd'hui leader du marché éolien (terrestre mais aussi offshore) reste discret. Mais les tricolores Areva (candidat avec GDF Suez sur les trois champs normands et avec Iberdrola-RES à Saint-Brieuc) et Alstom (allié à EDF EN) s'affrontent à distance et à fleuret moucheté. Et pour la première fois, c'est au plus haut niveau de l'entreprise qu'ils font valoir leurs atouts. Ce mardi 13 mars, c'est Areva qui a ouvert les hostilités, par la voix du président du directoire Luc Oursel et du directeur général en charge des énergies renouvelables Louis-François Durret.

L'atout de la fiabilité

Leur avantage compétitif tient en un mot : l'expérience. Cela fait trois ans que leur machine, la M5000 (d'une puissance de 5 MW) tourne en mer au large de Bremerhaven en Allemagne. Depuis le rachat de Multibrid en 2007, Areva est devenu le premier employeur de cette région particulièrement touchée par la crise. A ce retour d'expérience s'ajoute un système de maintenance à distance, un banc de test ... en résumé, une fiabilité incomparable et des coûts de maintenance réduits pour ces projets « très capitalistiques », rappelle Luc Oursel. « Pour les parcs actuellement en cours d'équipement, les investisseurs ne poussent pas vraiment au gigantisme sur la machine », affirme-t-il.

Une réponse à Siemens qui prévoit de passer de 3,6 aujourd'hui à 6 MW pour sa prochaine génération, et à Alstom qui vise la même puissance pour son Haliade, inaugurée la semaine prochaine au Canet (Loire-Atlantique) en présence du PDG Patrick Kron. Qui plus est, d'après Louis-François Durret, « il faut compter environ sept ans entre le moment où un prototype à terre est disponible et celui où on peut le commercialiser pour une parc marin. » A n'en pas douter, Alstom répliquera au Canet que sa machine sera la plus puissante en mer au moment où la construction des parcs français commencera.

Autres atouts mis en avant par Areva, l'intégration verticale dans la fabrication de l'éolienne, à l'exception du mât. Les pales, un composant particulièrement stratégique, seront fabriquées dans l'une des deux usines implantées au Havre, l'autre étant dédiée à l'assemblage des nacelles. Elles emploieront environ 700 salariés qui pourront bénéficier de l'expérience acquise à Bremerhaven pour assurer une rapide montée en puissance. « A condition de remporter au moins deux sites de l'appel d'offres », Luc Oursel annonce également « des activités à Cherbourg », impliquant DCNS et des sous-traitants pour la fabrication des mats. « Il faut compter un emploi créé pour une éolienne installée », rappelle Louis-François Durret.

Le marché britannique en ligne de mire

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La pérennisation et le développement de ces emplois grâce aux perspectives sur le marché européen est l'autre point fort sur lequel mise Areva dans l'appel d'offres. Le Royaume-Uni, premier marché pour l'éolien offshore avec 32 GW prévu en 2020 (contre 3, peut-être 6 GW prévus en France à cette date), ne dispose pas des infrastructures portuaires nécessaires sur ses côtes sud. Areva se verrait donc bien aborder sur « le trottoir d'en face ». A condition d'emporter le site de Saint-Brieuc aux côtés de ses partenaires Iberdrola et RES. Ces derniers ont engrangé pas moins de 15 GW de commandes outre-Manche, et Areva compte bien récupérer une partie du gâteau, même si aucun engagement n'a été pris publiquement.

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Dominique Pialot

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