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Le prix de l'essence flambe? Vive le covoiturage !

Dominique Pialot

Publié le 22 mars 2012 à 17:33 - Mis à jour le 22 mars 2012 à 17:37

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C'est d'abord pour réduire leurs dépenses que les Français acceptent de partager une voiture, qu'il s'agisse de partir en week-end ou de se rendre de leur domicile à leur lieu de travail. Les inscriptions sur les sites spécialisés bondissent depuis une dizaine de jours. Mais l'enjeu consiste à fidéliser les nouvelles recrues.

Dans quelques jours, les entreprises devraient être nombreuses à annoncer un nouveau service de covoiturage mis à la disposition de leurs salariés. « Nous avons deux grosses vagues de demandes pour développer des sites de covoiturage au sein des entreprises, quelques mois avant la semaine du développement durable (qui débute le 1er avril, ndrl), et avant celle de la mobilité », témoigne Jorge Pires, directeur commercial de la société spécialisée Greencove (dont le fonds Ecomobilité de la SNCF et Mobivia Groupe sont actionnaires). Cette année, le pic pourrait être encore plus fort que les années précédentes.
La volonté de partager les coûts est en effet la première motivation des utilisateurs de covoiturage, conducteurs comme passagers. D'après une étude menée par la Maïf avec le leader français, covoiturage.fr (90% du marché avec 1.700.000 inscrits), c'est le cas pour 94 % des pratiquants et 70 % des nouveaux utilisateurs. Et 63 % choisissent un conducteur en fonction du tarif qu'il propose pour le trajet. En cette période de flambée des prix à la pompe (le premier des coûts variables avec les péages), la perspective de limiter les frais devient plus séduisante encore. D'ailleurs, selon un sondage mené par Covoiturage.fr auprès de ses membres en janvier dernier, 78 % d'entre eux envisageaient d'augmenter leur pratique du covoiturage suite à la hausse des prix qui s'annonçait déjà.

Arbitrer entre le temps et le coût du voyage

Le coût de l'essence n'est pas le seul motif qui pousse au développement du covoiturage. Celui du train, qui ne cesse d'augmenter, rend la comparaison avec le covoiturage de plus en plus défavorable. Au-delà des étudiants, utilisateurs de la première heure, le panel d'utilisateurs du covoiturage grande distance, spécialité de covoiturage.com, ne cesse de s'élargir : célibataires géographiques, familles monoparentales, couples, jeunes retraités...qui ont le temps. Car sur grande distance, le covoiturage implique souvent un arbitrage entre le coût et la durée du trajet, mais la perspective pour le conducteur d'éliminer totalement ses coûts variables s'il fait le plein, et pour le passager de voyager très bon marché, l'emporte de plus en plus régulièrement.

Covoiturage.fr connaît une croissance annuelle de 150 %, essentiellement nourrie par les usagers du week-end. « En revanche, sur les courts trajets, du type domicile-travail, le gain par trajet est moins apparent », remarque Frédéric Mazzella, son président-fondateur. Les conducteurs accepteraient donc moins facilement les aléas du système : risque de retard, voire de désistement, des passagers, parfois nécessité de faire un détour, etc.

Fidéliser les nouveaux membres des sites spécialisés


Edouard Duboille, directeur général de Greencove, spécialisé dans le premier et le dernier kilomètre (avant et après un trajet en transport en commun le cas échéant), observe néanmoins depuis une dizaine de jours une hausse des inscriptions de quelque 60 % sur le site propre de l'entreprise « 123envoiture.com », en comparaison de la même période de l'année précédente. « Avec les périodes de vacances et les grèves de transports en commun, le prix de l'essence est la principale cause d'évolution de notre activité ».
Quel que soit le motif d'une première utilisation (souvent exceptionnel et sur une longue distance), l'enjeu est ensuite de fidéliser les nouveaux venus. Pour Greencove (800.000 membres et 200.000 trajets), cela passe par un maillage suffisamment dense du territoire permettant aux conducteurs comme aux passagers de trouver chaussure à leur pied où qu'ils se trouvent. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils travaillent notamment avec des collectivités locales désireuses de mettre le covoiturage à disposition de leurs agents, de leurs administrés et des PME locales.

La géolocalisation pourrait accélérer le développement du marché

L'apparition du covoiturage dynamique, qui, grâce à une application sur smartphone et à la géolocalisation permet d'identifier les véhicules offrant des places disponibles à proximité, devrait également donner un coup d'accélérateur au marché. La société Carpuce (actuellement en phase de levée de fonds), qui propose une solution brevetée reposant sur la digitalisation des trajets effectués chaque jour à la même heure par les mêmes conducteurs et l'identification de « car-stops » permettant de charger ou décharger des passagers, vise justement à limiter tous les imprévus et les contraintes et réduit à néant les coûts de mise en relation. « Notre système équivaut à la création de 20 à 30.000 lignes de bus régulières », s'enthousiasme son nouveau président Philippe Mangeard.

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Une voiture passe 92% de son temps au parking

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Quant au tiers des Français qui, dans un sondage réalisé en septembre dernier (par Mobivia Groupe, la SNCF et Harris Interactive), se déclaraient opposés à l'idée de partager leur véhicule, certains pourraient finir par se laisser convaincre par les chiffres. En France, une voiture passe en moyenne 92 % du temps au parking, est occupée par une seule personne dans quatre cas sur cinq et revient en moyenne à 6.000 euros par an ». Pour l'heure, les plus réticents se contentent néanmoins de réduire leur kilométrage et de pratiquer plus la marche à pied.
Mais les acteurs du marché se montrent confiants. « Pour une fois, les Français sont en avance dans un secteur fondé sur les nouvelles technologies », se réjouit ainsi Frédéric Mazzella.

Dominique Pialot

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