Énergie : une bien difficile transition

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Officiellement lancé fin novembre 2012, le débat national sur la transition énergétique patine. Il n'a véritablement démarré que début 2013 et doit aboutir au dépôt d'un projet de loi de programmation. À temps pour la loi de finances 2014 ? Cette transition doit permettre à la France de respecter ses engagements en matière d'émissions de gaz à effet de serre, d'assurer sa sécurité énergétique, de diminuer ses importations d'énergies fossiles, de préserver la compétitivité des entreprises, de créer des emplois Mais à quel prix, alors que la facture énergétique des Français va augmenter ?

C'était une promesse du candidat François Hollande, mais elle peine à trouver son rythme de croisière. Ouvert par la conférence environnementale de septembre, le débat national sur la transition énergétique a été officiellement lancé le 29 novembre dernier mais n'a réellement débuté qu'en janvier. Le temps de mettre en ordre de marche une mécanique complexe composée de nombreux comités (d'experts, de contact avec les industriels, de liaison avec le débat décentralisé, de citoyens et, bien sûr, de pilotage), mais aussi cinq groupes de travail, sans compter un conseil national du débat C'est désormais chose faite. Reste à faire émerger un véritable débat et surtout des propositions concrètes.
À première vue, la situation énergétique française peut sembler enviable. Grâce au nucléaire et aux prix régulés, les ménages et les entreprises bénéficient d'un prix de l'électricité inférieur de respectivement 25 % et 21,5 % à la moyenne de l'Union européenne. Mais si le nucléaire fournit 75 % de l'électricité française, c'est à peine 20 % de l'énergie finale consommée dans l'Hexagone, dont 70 % proviennent des énergies fossiles. Importées à 97 %, celles-ci grèvent lourdement notre balance commerciale (la facture énergétique, de 67,8 milliards d'euros en 2012, représente 90 % du déficit commercial français) et nous exposent à la volatilité des cours promis à moyen terme et à une hausse inéluctable, sans compter la dépendance à l'égard de nos fournisseurs. Mais, pour espérer déboucher sur une réelle transition, le débat doit d'abord faire passer trois messages essentiels, rarement entendus en France.

1 / Se préparer à payer plus cher
Les Français doivent le savoir : cette période d'énergie à prix réduit pourrait bien toucher à sa fin. De plus en plus de voix s'élèvent pour souligner que les prix régulés ne couvrent pas l'intégralité des coûts. Concernant le nucléaire, ils n'incluent ni la maintenance, ni la modernisation, ni le démantèlement des centrales, sans parler du coût d'un « Fukushima à la française », récemment évalué à 430 milliards d'euros par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire.
Les mesures de sécurité complémentaires exigées par l'autorité de sûreté nucléaire à la suite de cet accident renchériront de toute façon le mégawattheure nucléaire. Quant à celui que produira le futur EPR, il s'établit aux dernières nouvelles (sur la base d'un coût pour Flamanville réévalué en décembre 2012 par EDF à 8,5 milliards d'euros) à plus de 100 euros, à comparer avec un prix de 42 euros aujourd'hui ! D'ailleurs, du PDG d'EDF à la commission d'enquête du Sénat, tous prédisent une hausse des prix de l'électricité de 30 % à 50 % d'ici à 2020
La transition énergétique pourrait donc être la meilleure façon, pour les ménages comme pour les entreprises, d'absorber cette hausse, grâce à une consommation mieux maîtrisée et une baisse des volumes. « Le débat doit aider à dédramatiser l'augmentation inéluctable du prix de l'énergie, espère l'économiste Alain Grandjean, qui préside le comité des experts. Une baisse de la consommation de 10 % par an suffirait à neutraliser cette hausse, sauf en situation de précarité », ajoute-t-il. À ce sujet, la « facilitatrice » du débat, Laurence Tubiana, fondatrice de l'Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales), précise : « La précarité énergétique qui frappe 3,8 millions de foyers consacrant au moins 10 % de leur budget à l'énergie relève de la solidarité nationale et de la lutte contre la pauvreté ; il ne revient pas à la transition énergétique de la solutionner. »
Pour d'autres, au contraire, en se privant d'une énergie produite par des centrales nucléaires amorties de longue date, en imposant aux réseaux de transport et de distribution de s'adapter à la production décentralisée et intermittente des énergies renouvelables et en soutenant ces dernières à coups de tarifs de rachat, c'est précisément la transition énergétique qui va faire grimper les prix. L'exemple de l'Allemagne, qui a déjà entamé sa transition énergétique, apporte de l'eau à leur moulin. L'énergie y est nettement plus chère qu'en France en raison du soutien aux renouvelables, et de lourds investissements qui se profilent pour construire les lignes à haute tension devant transporter l'électricité produite par les fermes éoliennes en mer, implantées au Nord, vers les lieux de consommation au Sud. En France, le gestionnaire du réseau de transport RTE anticipe des investissements de modernisation de 15 milliards d'ici à 2020 et de 35 à 50 milliards à l'horizon 2030. Mais seule une partie est imputable à la transition. « Dans le débat, on a tendance à confondre le coût global et le surcoût directement lié à la transition », confirme Andreas Rudinger, chercheur à l'Iddri.

2/ Définir le nouveau mix énergétique
Autre difficulté, l'extrême focalisation des médias et de l'opinion publique sur la production : quelle place laisser au nucléaire ? Pour ou contre les gaz de schiste, l'éolien, etc. ? Or la méthode choisie par le gouvernement est inverse. Il s'agit d'étudier différents scénarios de maîtrise de la consommation, de chiffrer les investissements correspondants, puis d'imaginer le meilleur mix énergétique pour répondre à cette demande en respectant les pré requis posés par François Hollande : une part du nucléaire dans la production d'électricité réduite de 75 % à 50 % en 2025, une augmentation de la part des énergies renouvelables et le respect des engagements de diviser par quatre les émissions nationales de gaz à effet de serre entre 1990 et 2020. Un tel raisonnement devrait notamment éviter de surdimensionner les réseaux (et les investissements), comme c'est aujourd'hui le cas. En raison de la généralisation du chauffage électrique, les pics de consommation sont particulièrement élevés en France : pour une puissance moyenne consommée de 56 gigawatts (GW), ils peuvent atteindre 102 GW, record historique enregistré lors d'une vague de froid en février 2012. L'équilibre entre l'offre et la demande se fait alors surtout grâce aux échanges avec les pays limitrophes, mais les réseaux sont prévus pour transporter et distribuer des volumes qui ne sont consommés que quelques jours par an.
Mais ce parti pris de la sobriété et de l'efficacité énergétique, consistant à étudier toutes les pistes pour réduire les consommations, suscite les foudres des énergéticiens. Certes, ils sont en principe tenus (notamment par le biais du mécanisme des certificats d'économie d'énergie) d'aider leurs clients à réaliser des économies, et sont soumis au plafonnement de leurs émissions dans le cadre du marché européen d'échange de quotas de CO2. Mais, sous l'effet conjugué de surallocations et de la crise économique, le cours de la tonne de CO2 a perdu 90 % en cinq ans et 49 % pour la seule année 2012. Il y a quelques jours, Bruxelles a dû renoncer à des enchères de quotas faute d'acheteurs !
Les énergéticiens ont ainsi toujours intérêt à maximiser les volumes vendus. Dans le cadre du débat français, ils contestent donc toute projection d'une baisse de la consommation, dans laquelle ils ne voient qu'une illustration des théories décroissantes chères aux écolos. « Le problème n'est pas de faire baisser les consommations, mais d'anticiper la croissance de la demande », insiste Jean-François Raux, délégué général de l'UFE (Union française de l'électricité). « Le gouvernement entend réindustrialiser la France, il doit tenir compte des conséquences de cette décision, car je ne crois pas du tout au découplage [permettant de diminuer la consommation d'énergie pour un point de PIB créé, ndlr]. » Selon lui, « la transition énergétique n'est pas urgente en France, on émet deux fois moins de CO2 que l'Allemagne par unité de PIB. On aurait le temps de faire évoluer le réseau tranquillement. L'énergie française est très compétitive, la transition ne doit pas la dégrader, notamment à l'export ».

3/ Mobiliser des industriels aux intérêts divergents
Cet argument fait évidemment florès du côté des industries les plus consommatrices en énergie, qui craignent une augmentation de leurs coûts due à une hausse des prix. Certains se disent néanmoins prêts à l'absorber à condition de la compenser, par exemple, par une réduction des taxes sur le travail qui préserverait leur compétitivité. En face, les professionnels de l'efficacité énergétique, qui proposent des solutions pour contenir la facture grâce à une baisse des volumes, sont divisés. Les spécialistes de l'efficacité active (par pilotage de la consommation grâce à des compteurs intelligents, par exemple), permettant des économies rapidement rentables mais limitées, s'opposent aux tenants de l'efficacité passive (par isolation des bâtiments), qui génère des économies plus importantes mais exige des travaux plus longs et onéreux. Tous se retrouvent cependant sur la création de valeur et d'emplois que peut engendrer la transition. Hugues Vérité, délégué aux relations institutionnelles du Gimelec (Groupement des industries de l'équipement électrique, du contrôle-commande et des services associés), en est convaincu. La France, dotée de leaders mondiaux de l'intégration et de l'efficacité énergétique, doit développer rapidement un modèle de la transition énergétique exportable. « Nous nous laissons devancer par la Chine ou les États-Unis alors même que ce sont nos industriels qui y sont présents », se désole-t'il.
Mais, au-delà de ces bisbilles, c'est plutôt le manque de maturité de la filière BTP qui inquiète. « Il faudra au moins trente à quarante ans pour former toute la profession à des nouvelles méthodes de travail », prévient Alain Grandjean. Il est vrai que les 160 000 rénovations effectuées en 2012 font pâle figure au regard de l'objectif annuel de 500 000 affiché par le gouvernement

Un débat essentiellement pédagogique

Dans ces conditions, le glissement du calendrier n'a rien d'étonnant. Les conclusions du débat ne seront pas rendues avant octobre, probablement trop tard pour la loi de finances 2014. Mais, aux yeux des animateurs du débat comme des observateurs les plus avertis, l'essentiel est ailleurs : il s'agit de mieux faire comprendre aux ménages et aux entreprises français les enjeux de cette transition.
En outre, le sujet englobe des problématiques complexes et politiques telles que l'aménagement du territoire, la mise en cohérence des schémas de transport avec les plans énergie/climat, la décentralisation de l'énergie, ou encore le développement d'une offre de transports alternatifs, un sujet peu abordé alors que le secteur représente l'essentiel de notre dépendance aux énergies fossiles importées Une vision globale et de long terme est donc indispensable. Et des décisions rapides s'imposent quant aux investissements dans l'appareil de production, de transport et de distribution d'énergie. Une urgence qui va contraindre le gouvernement et la ministre en charge de l'énergie, Delphine Batho, à choisir des options avant même les conclusions du débat, au risque de réduire à néant ses ambitions en matière de pédagogie...

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Commentaires
a écrit le 04/06/2013 à 17:44 :
Energie: un bien gros Mensonge...sur le prix du nucléaire qui se voit légalement exempté de provisionner une assurance accident qui se chiffre entre 400 et 5000 milliards d'euros.
a écrit le 04/04/2013 à 12:27 :
ou en est le proge euranus de faire du captage solaire dans les pays du magrebe est de le tranfere par un cable dans la mer ? VOILA une bonne idee a concretisse ce n est pas les idees qui manquent c est la volonte d aboutir est de changer les mentalites arrieree de nos dirigents
a écrit le 01/04/2013 à 6:36 :
Alors, soi-disant Statisticien, l'avenir n'est plus ce qu'il était. Les probabilités d?occurrence croissent et les corbeaux écolos croassent. A ne rien croire!
a écrit le 31/03/2013 à 13:51 :
Je tiens à rassurer tout le monde en affirmant qu'aucune centrale nucléaire ne fermera d''ici les cinq prochaines années.
Réponse de le 01/04/2013 à 1:37 :
Sauf que statistiquement il commence y avoir de plus en plus de probablilités qu'un accident majeur survienne en France ce qui entraînerait de facto des fermetures.
a écrit le 28/03/2013 à 23:12 :
Aussi, un bon prétexte à augmentation de taxes en passant.
a écrit le 28/03/2013 à 15:23 :
A quoi ça sert de débattre si le nucléaire a d'emblée des droits indus (c a d une escroquerie légalisée) comparé aux autres énergies: par exemple le droit de ne pas payer d'assurance pour un un accident nucléaire qui pourrait couter entre 400 et 5000 milliards d'euros.
a écrit le 28/03/2013 à 14:29 :
Cette soit disant Transition avec un soit disant débat ou, au bout du compte il n'y a aucun engagement contraignant pour l'Etat de tenir compte des souhaits des habitants, c'est du Pipo ! En réalité notre Atom'Cratie s'assoit litéralement sur la Démocratie. S'ils ferment Fessenheim c'est uniquement pour nous fourguer 1 ou 2 EPR et comme ça on en reprend pour 60 ans. Dormez et révez tranquilles braves montons Français le Corps des Mines à toujours raison. Comme au Japon, notre addiction à l'Atome n'a qu'une seule issue: un désastre.
a écrit le 28/03/2013 à 11:31 :
Quelques chiffres pour alimenter le débat 13% de la population (pays riches) consomment 38% de l'énergie soit un peu plus de 5 TEP par habitant et par an. Aujourd'hui, l'ensemble de la planète consomme 12 Milliards de TEP. En 2050, nous serons 9 Mds d'habitants. Si chacun d'entre eux voulait consommer autant que nous, nous attendrions 48 Mds de TEP (Chiffres Bernard Laponche). Ce rythme est insoutenable n'en déplaise aux énergéticiens. Un objectif de convergence de 2 TEP/hab/an est soutenable (diminution pr les pays riches, augmentation pour les pays en développement).

Malgré tout, ce qui est heureux, c'est que nous pouvons le faire sans trop changer nos habitudes mais seulement en utilisant plus efficacement l'énergie et plus sobrement. (isolation, 19°C, covoiturage, arrêt du chauffage électrique...) Alors évidement, il faut sortir du paradigme de la croissance des besoins énergétiques mais nous n'en vivront pas moins bien, peut être mieux et surtout cette transition peut être une source d'emplois incroyable, d'innovation et nous permettre de retrouver une balance commerciale positive. Reste la question de savoir si notre pays centralisé est capable de comprendre et de mettre en oeuvre des solutions plus locales et des moyens de production décentralisée ?

Concernant le nucléaire pour éviter trop d'idéologie, je crois qu'il faudrait voir le problème suivant ces points :
Coûts réels du nucléaire comparés aux autres énergies
Impacts sur les autres secteurs économiques importants (agriculture, tourisme) en cas d'accident grave (Fukushima nous prouve que c'est toujours possible)
Solutions pour le stockage des déchets
Réponse de le 24/05/2013 à 18:06 :
Pourquoi donc accepter la prolifération des populations du tiers monde. Qu'ils maitrisent leur démographie ! Je ne vais certainement pas me restreindre pour des gens qui me boufferont dès qu'ils en auront le pouvoir. TOUT LE MONDE DOIT REDUIRE SES EMISSIONS DE CO2 Y COMPRIS LE TIERS MONDE !
a écrit le 28/03/2013 à 11:13 :
La transition énergétique, l'autre nom pour l'augmentation du prix de l'énergie. Encore une raison de quitter la France pour aller trouver du soleil là où il y en a !
Réponse de le 28/03/2013 à 13:42 :
Citez moi des pays où l'énergie n'est pas chère et où il n'y a pas de transition énergétique en vue ?? ;o) A part l'Islande il n'y en a pas beaucoup. Même l'Arabie Saoudite se met au solaire, entre autres !
a écrit le 28/03/2013 à 10:51 :
La transition, c'est faire comme les allemands : les fossiles pour avoir un prix bas (quitte à faire du captage de CO2) et les renouvelables pour le coté écolo/CO2. Eventuellement taxer les fossiles progressivement pour favoriser les énergies vertes. Le nouveau nucléaire capte des ressources trop importante sans apporter un bénéfice sur le prix, ni sur l'écologie, bref totalement inutile. D'autant qu'il ne peut pas compléter les renouvelables intermittentes (solaire,éolien) comme les fossiles, les variations de production du nucléaire étant trop marginales. Encore un domaine dans lequel on accumule du retard :ex : 0 français dans les 10 1ers producteurs d'éolien.
Réponse de le 28/03/2013 à 11:36 :
Ah l'éolien, la belle arnaque. Présentation des chiffres de puissance installée; mais pas de la production réelle (diviser par 10).
Le "modèle" allemand repose sur le gaz russe (Schroder au conseil d'administration de GazProm), et du vert pour amuser la galerie. Et le prix de l?électricité flambe.
La transition énergétique, c'est la catastrophe écologique.
Réponse de le 28/03/2013 à 13:39 :
La plupart des pays sont obligés de passer par la transition énergétique, observez ce qui se passe dans le monde, Japon, Chine, Afrique du Sud, Europe, Inde, Brésil, Amérique latine etc Concernant l'éolien, il est présent dans plus de 160 pays et coûte 38 euros le MGWh en Amérique latine actuellement (notamment au Brésil), à comparer à 120 euros le MGWh de l'EPR en France. Il serait temps de mettre à jour vos données et d'être en pointe sur l'ensemble des technologies et des applications qui ne se résument pas à l'éolien sinon le débat est du niveau du café du commerce...
a écrit le 28/03/2013 à 10:12 :
Article très intéressant.
Cependant, il y a deux trois hic:
Pourquoi demander l'avis des citoyens/faire passer la pullule, à ce que je sache, combien y-a-t-il d'ingénieurs dans la part de la population française?
Deuxièmement, pourquoi le cout de l'electricité devrait augmenter si l'on reste au nucléaire?
Troisiemement, je doute de la reelle productivité de mettre en place des compteurs d?électricité (pour une consommation raisonnée): ces compteurs seront en plastiques (polluant), avec un ecran lcd ou autres (non recyclable), et fabriqué en chine (=transport, bien que minime). -> Super le contrôle de le consommation. C'est un peu comme mettre dans la tete des gens qu'un 4x4 ça pollue et qu'une monospace c'est bien, alors que le moitié partage le meme moteur....
Mais l'idée d'être independant energétiquement est top, surtout quand l'on voit que 90% u def comm provient de là!!!
Réponse de le 28/03/2013 à 11:47 :
"Deuxièmement, pourquoi le cout de l'electricité devrait augmenter si l'on reste au nucléaire?"
Plusieurs raisons:
1) les installations nucléaires actuelles ne sont pas éternelles et le prix de l'électricité du nouveau nucléaire n'aura rien à voir avec l'actuel (cf. l'article)
2) les investissements de sécurité post-Fukushima vont alourdir le coût actuel
3) le coût de l'électricité inclut aussi la CSPE, qui permet de couvrir les subventions aux renouvelable et la péréquation tarifaire (même prix de l'électricité en Corse et dans les DOM), or cette CSPE augmente à vitesse grand V
4) les travaux nécessaires sur les infrastructures de transport et de distribution (liés au développement du décentralisé mais pas que) vont également augmenter le prix (dont une partie significative correspond au TURPE servant à couvrir les frais d'acheminement)
5) les tarifs réglementés actuels sont sous-estimés par rapport aux coûts réels (cf. rapport récent de la CRE) pour des raisons politiques (contrairement à d'autres pays, c'est le gouvernement qui fixe/approuve les prix et non une autorité indépendante et est donc tenu responsable des hausses). Pour le moment c'est EDF qui prend à sa charge l'écart, à voir combien de temps cela durera.
6) Évidemment, l'inflation (du coût de la main d??uvre directe, du combustible - on a toujours besoin de centrales flexibles pour compléter le nucléaire -, des travaux de maintenance courants...) s'ajoute aussi naturellement.

Tous ces points (sauf le 2) restent pour sûr valides quoi qu'on fasse du nucléaire actuel; simplement, ce n'est pas parce qu'on "reste comme avant" que les prix n'augmenteront pas.
Réponse de le 28/03/2013 à 15:17 :
Très bonne question de Rambo: Pourquoi l?électricité augment si on reste dans le Nuc ? Ben par ce que le nucléaire c'est bien plus compliqué, polluant et explosif qu'on a bien voulu nous le faire croire depuis 40 ans. Le vrai prix de fabrication de l'électricité nucléaire serait plutôt celui qu'est en train de négocier EDF avec le gouvernement Anglais: 120 ? le MWh c a d 24 centimes le kWh chez l'usager, soit une hausse de 100% prévisible pour les Français ! En Allemagne pour le même prix ils sortent du nucléaire et engrangent des dizaines de milliards de bénéfices en exportant partout dans le monde leur savoir faire.
a écrit le 28/03/2013 à 9:50 :
"Concernant le nucléaire, ils n'incluent ni ..., ni ..., ni le démantèlement des centrales" Ben si, on nous a dit que ça faisait partie du prix payé, et même qu'EDF trouvait que c'était idiot d'avoir autant d'argent qui dort, voire l'aurait utilisé pour racheter des entreprises à l'étranger (souvent avec pertes, souvent des nanars), comme quoi c'est difficile de connaitre la vraie réalité des choses. Mais vu qu'on ne sait pas ce que coutera le démantèlement on n'est pas avancés non plus (1/10 du prix de construction d'après certains).
a écrit le 28/03/2013 à 7:51 :
Le problème de l'énergie doit être abordé sur le plan économique:l'énergie améliore la productivité et doit être associée au travail pour financer les retraites puisqu'elle remplace le travail pour produire des richesses:il faut une taxe sur l'énergie pour financer les retraites;pourquoi refuse-t-on cette solution?
Réponse de le 28/03/2013 à 8:51 :
Un problème ? Vite une taxe pour le résoudre... Il faut arrêter avec les taxes !

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