Mobilité durable : la Suisse innove dans les airs, sur mer et sur terre

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Copyright PlanetSolar
Copyright PlanetSolar (Crédits : Solar Impulse)
Ces derniers mois, ce ne sont pas moins de trois projets suisses qui se sont illustrés en matière de mobilité durable : Solar Impulse, PlanetSolar et TOSA.

L?avion Solar Impulse traverse les Etats-Unis d?Ouest en Est

C?est avant tout vers les Etats-Unis qu?il faut regarder pour mesurer cette tendance. Dimanche 7 juillet à New-York s?est en effet achevée la tournée de l?avion solaire Solar Impulse entamée le 3 mai dernier à San Francisco. L?objectif annoncé d?une traversée du pays d?Ouest en Est sans consommer une seule goute de carburant a donc été pleinement atteint. Considéré comme une merveille technologique, l?appareil en fibre de carbone pèse à peine plus qu?une petite voiture pour une envergure équivalente à celle d?un Boeing 747. Il fait en outre office de véritable laboratoire de pointe pour ce qui est du photovoltaïque, des matériaux et des cleantech en général. Sa propulsion repose sur l?utilisation de 12?000 cellules solaires capables de produire l?électricité en quantité suffisante pour l?alimentation des quatre moteurs à hélice pouvant fonctionner 24 heures sur 24, de jour comme de nuit.

Dernière mission avant de tenter en 2015 le tour du monde sur un appareil de deuxième génération, cette traversée comportait bien sûr un aspect promotionnel. Mais pas seulement. Comme l?indique l?initiateur du projet Bertrand Piccard, l?objectif était également de « montrer qu?avec des technologies propres, une équipe passionnée et une vision novatrice et ambitieuse, il est possible de réaliser l?impossible. En remettant en question les certitudes, en aspirant au changement et en jouant le rôle de pionnier dans notre vie quotidienne, nous pouvons créer des solutions innovantes pour faire face aux plus grands défis de la société ». Le début de cette mission correspondait d?ailleurs aussi au lancement officiel de l?initiative « Clean Generation », un mouvement réunissant des personnes favorables au changement et à davantage d?investissements dans les technologies propres.

PlanetSolar défie les océans grâce à l?énergie solaire

Parallèlement à cette aventure, PlanetSolar achevait, début juillet, la première partie de sa campagne « Deep Water » à Boston. Pour rappel, ce catamaran solaire avait achevé le premier tour du monde à l?énergie solaire le 4 mai 2012, après 584 jours de périple. C?est donc une nouvelle vie qui commence pour le bateau, en tant que plateforme de recherche scientifique cette fois. Parti de Miami, en Floride, PlanetSolar réalise une batterie de mesures physiques et biologiques le long du Gulf Stream, le tout sans émissions de carbone. Cette expédition, menée par une équipe de l?Université de Genève, vise à améliorer notre compréhension des interactions entre l?océan et l?atmosphère tout en sensibilisant le grand public à la complexité des changements climatiques et à leurs impacts.

Dans les airs, sur mer? mais aussi sur terre

Mais il n?y a pas que sur l?eau et dans les airs que la Suisse s?illustre en matière de mobilité durable. Inauguré le 26 mai dernier, le projet TOSA consiste à mettre en opération le tout premier bus de grande capacité 100% électrique utilisant la technologie du biberonnage. Ce véhicule innovant et sans lignes de contact se recharge tous les trois à quatre arrêts en une vitesse record de 15 secondes, ce qui correspond au temps qu?il faut aux passagers pour monter et descendre. Cette technologie permet de combiner les avantages du trolleybus (véhicules silencieux et non-polluants car n?émettant pas de CO2) et du bus diesel traditionnel (absence de caténaires autorisant une flexibilité au niveau du trajet et permettant d?éviter un autre type de pollution, visuelle cette fois). Ainsi, ce projet développé par un consortium de quatre partenaires (les transports publics genevois (tpg) comme opérateur, l?Office de Promotion des Industries et des Technologies (OPI) comme coordinateur de projet, les services industriels genevois (sig) comme distributeur d?énergie et ABB Sécheron comme fournisseur de technologies) se présente comme une alternative plus qu?intéressante en matière de transports publics urbains. Aujourd?hui, c?est plus d?une vingtaine de villes et même d?aéroports qui seraient prêts à déployer cette solution, preuve qu?elle correspond à de réels besoins.

Bio express de l'auteur
Philip Maguire est chargé de communication pour l?office de promotion des industries et technologies (OPI) à Genève. Ses spécialités cleantech sont la mobilité durable, l?énergie solaire, l?efficacité énergétique et la valorisation des déchets.

Cleantech Republic

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Commentaires
a écrit le 14/10/2013 à 7:04 :
Rassurons-nous, il n'y aura pas que la Suisse !
Grâce aux supercondensateurs de dernière génération, à mousse de nanocarbone..., l'on devrait bientôt ne plus avoir à nous soucier de ces problèmes, tous les transports électriques, performants et propres !
- http://www.supercondensateur.com/recherches-supercondensateur-avancent-tres-vite#MousseHybride392WHKG
a écrit le 05/08/2013 à 10:20 :
Cet article montre à quel point le potentiel de développement des énergies vertes est sous-estimé. C'est vrai que la France, avec seulement 1.2 milliards d'investissement dans les ENR pour le 2ème trimestre de 2013, est bonne dernière (l'Afrique du Sud est à 2.8 milliards et la Chine 13.8 !). Il est grand temps de se réveiller surtout qu'on a le savoir faire technologique. Un bon exemple, c'est Winflo, l'éolienne flottante :
http://www.blog-placement-financier.fr/winflo-leolienne-flottante/
Tout est encore possible. Encore, faut-il une ambition politique réelle.
a écrit le 16/07/2013 à 9:45 :
Les Suisses sont au top, les français sont à la ramasse plus préoccupés à assister des faineants qu'à innover.
Signé : un français vivant et travaillant en Suisse.

P.S : le plus drôle dans l'histoire c'est que beaucoup de français travaillent en Suisse et contribuent à l'innovation Suisse. Ce qui montre bien que les français sont capables.
Réponse de le 16/07/2013 à 12:40 :
Le PS est spécialiste de la mise en place de bâtons dans les roues de ceux qui veulent pédaler. Ils importent des pauvres, produisent des taxes et exportent des riches...
Réponse de le 16/07/2013 à 23:30 :
L'innovation, les dépôts de brevets, leur développement, l'aide aux entreprises etc n'ont rien à voir avec le PS ou autres. On a eu un très bon ministre de la recherche sous gouvernement PS Hubert Curien et la France a eu alors des secteurs nombreux très en pointe. A l'inverse sous gouvernement Sarko des université en pointe ont été mises en difficultées, de même que l'enseignement. Ce n'est pas une question d'étiquette politique si vous fâites une analyse sérieuse. Ni une question de richesse, les chercheurs ne demandent pas de faire des fortunes.
a écrit le 16/07/2013 à 1:47 :
Les suisses oublient toutefois malheureusement le solaire dans l'automobile et les véhicules solaires de type Cruiser (4 roues et 2 à 4 places, comparables aux véhicules courants mais largement plus efficients) sponsorisés par Michelin, Jaguar, Toyota entre multiples autres dans les courses types Solar World Challenge en Australie en octobre (sur 3000 km) ou Shell Eco Marathon en Amérique du Nord, Asie et Europe. Au Solar World Challenge 2013 il y a 47 équipes de 26 pays mais une seule équipe française (bretonne) et 10 concurrents dans la classe Cruiser : http://www.worldsolarchallenge.org/about_wsc_2013/2013_team_list Parmi les véhicules avancés de type courant il y a la Solarworld GT allemande, la Navitas (Purdue Univ) http://www.purduesolar.org/ avec des capteurs à concentration et qui a gagné un prix d'efficience excellente, le véhicule solaire de l'université de Calgary qui a un volume de coffre 2 fois supérieur à une Honda Civic http://www.calgarysolarcar.ca/our-cars/schulich-delta/ la Cuer (Cambridge) avec tracker solaire http://www.youtube.com/watch?v=oAXeNf9L0cs&feature=player_embedded, l'eVe Sunswift australienne très jolie ! http://www.pozible.com/project/22101 le véhicule familial solaire Stella de Solar Team Eindhoven http://www.solarteameindhoven.nl/nl/pages/car Les vitesses vont de 110 à 140 km/h, l'autonomie de 600 km minimum, le tout 100% solaire dans la plupart des cas avec le minimum d'utilisation des batteries et plusieurs autres encore, on en parle presque partout sauf en France et c'est demandé ! C'est sûr çà ne consomme pas d'électricité du réseau ni de pétrole, juste du solaire ;o) Nombreuses universités américaines, australiennes, allemandes, hollandaises, japonaises, chinoises, même iraniennes, etc ont leur véhicule solaire et désormais de plus en plus familiaux (cruiser ou urban solar vehicle). Toyota va sortir un véhicule solaire et d'autres. Corning fait des vitrages solaires pour véhicules. De nombreux véhicules électriques et hybrides ont le solaire en option ou pas (apport d'autonomie 30% et plus) : Toyota Prius, Chevrolet Volt, Tesla Sedan, Nissan Leaf, My Car, Fisker Karma, Smart ForTwo, BMWi etc Le solaire répond à de nombreuses solutions en automobile et transport (bus, trains, dirigeables solaires Aeros etc) et l'organisations de courses en France informerait sur les évolutions rapides et nettement plus performantes que les véhicules thermiques, électriques ou à pac et hydrogène. Il y a même des véhicules solaires pour les pays du grand Nord avec très faible ensoleillement et çà marche très bien ! Quand on importe quelque 62 milliards d'euros d'énergies fossiles, des matières premières et que l'on pollue un maximum, le solaire dans l'automobile et les transports est une valeur ajoutée énorme et un secteur de pointe et d'avenir. La puissance captée est suffisante pour une très bonne autonomie, d'autant plus avec batteries et avec une vitesse satisfaisante. Il y a par ailleurs des bolides solaires mais ce sont des monoplaces.

a écrit le 15/07/2013 à 19:26 :
Ce n'est pas pour rien que la Suisse est classée depuis les 5 dernières années comme le pays le plus innovant du monde (alors que la France oscille dans la même période entre la 20ème et la 24ème place). Pendant ce temps la France se complet dans sa situation de m... et occupe son temps à critiquer les autres pays (un coup l'Allemagne, un coup la Suisse, un coup les USA, un coup le Royaume-Uni): Le cancre qui fait la leçon au premier de classe quoi!
Réponse de le 15/07/2013 à 20:33 :
quel commentaire rabat-joie...
a écrit le 15/07/2013 à 14:09 :
Le fameux pays des riche, de la fiscalité allégé etc etc comme tente de faire croire les medias.
Mais la réalité est toute autre, c'est un pays de démocratie, ou les dirigeants sont compétent, ou le peuple a un vrai pouvoir au travers de referendum fréquents, des initiatives populaires etc.
Des banques qui prêtent de l'argent, des facultés compétitives et gratuites, des politiques qui encouragent l'innovation...
Et eux n'ont pas acueillit kadafi avec un tapis rouge ...
Réponse de le 15/07/2013 à 19:27 :
Thèse financée par allocation recherche en france = 1650e brut .Thèse a EPFL lausanne = 4 000 fs ; tout est dit .
Réponse de le 15/07/2013 à 19:47 :
La qualité de la thèse n'est pas à chercher dans le salaire qui est alloué au candidat mais à la qualité de l'infrastructure et des soutiens dont il peut disposer. A la différence de la France qui laisse mourir ses universités faute de budget (la France préfère soutenir en aides sociales des générations de profiteurs), la Suisse met depuis toujours la priorité à la recherche. Qui plus est la Suisse dispose d'un réseau d'entreprises qui travaillent de concert avec les hautes écoles pour le bien du pays. La France "aveugle" ne voit en la Suisse que la finance (banques et assurances) qui ne représente que 9% du PIB suisse, il serait temps de mettre des lunettes et de se pencher sur le 91% du PIB suisse qui est le résultat de la synergie gagnante entre les universités / Ecoles d'ingénieurs et l'industire...
Réponse de le 15/07/2013 à 20:22 :
Je ne suis pas certain que la france propose des thèses de moins bonne qualité qu aux us ou en suisse ; je parle des thèses scientifiques effectuées dans des labos souvent reconnus comme "au top" (cnrs cea onera ...) ; par contre je suis tout å fait d accord avec vous sur le manque de synergie entre ces labos / écoles et entreprises ; la thèse ( académique) est tres peu reconnue en france , un ingénieur grande école faisant une thèse sera encore souvent embauché sur son diplome " ingé" . En allemagne suisse et pays anglosaxons les thèses sont beaucoup mieux reconnues .
Réponse de le 16/07/2013 à 13:19 :
Une des difficultés de l'université est qu'elle croit à la gratuité et qu'elle ne souhaite que mettre dans le domaine public ce qu'elle découvre. Cela est fort utile pour de nombreuses activités humaines, mais cela est beaucoup moins utile pour les entreprises qui doivent se rentabiliser et donc faire payer ce qu'elles produisent...

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