OPINION. « Mieux accompagner les indépendants pour franchir le cap du premier recrutement »
Guillaume Borie, Alain di Crescenzo, Antoine Jouteau, Grégoire Leclercq, David Ménascé, Firmin Zocchetto (*)

Photo d'illustration
Unsplash
Guillaume Borie, Alain di Crescenzo, Antoine Jouteau, Grégoire Leclercq, David Ménascé, Firmin Zocchetto (*)

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Ils sont seuls, mais ils portent beaucoup. Coiffeurs, graphistes, cavistes, libraires, ou encore architectes, ces solopreneurs sont le socle vivant de notre économie de proximité. Le statut indépendant a connu un réel renouveau depuis plusieurs années qui a largement reconfiguré le paysage du travail en France. L'activité indépendante (qui regroupe plusieurs statuts : micro-entreprises, travailleurs indépendants, etc.) concerne désormais plus de 5 millions de personnes, certaines quelques heures en complément de leur activité salariée, d'autres à plein temps.
Parmi eux, plus d'un million de solopreneurs en France ont une activité rentable, à temps plein avec des chiffres d'affaires supérieurs à 30 000 euros. Ce dynamisme s'explique par la longue crise qu'a connue le marché du travail — il a été plus simple pour de nombreuses personnes de développer leur propre activité que de trouver un emploi), mais aussi par les nouvelles aspirations vers plus d'autonomie dans le rapport au travail. Cette dynamique n'est pas que française, 14 % des travailleurs européens font désormais partie de cette catégorie de « nouveaux entrepreneurs ». Aux États-Unis, ce sont plus de 17 millions de self-employed qui sont décomptés sur le territoire.
Cette tendance est une opportunité pour l'économie française : ce sont des activités de proximité, non-délocalisables, qui apportent des services quotidiens à des millions de clients. Elle est à ce titre judicieusement accompagnée depuis plusieurs années par différentes politiques publiques : simplification du statut, meilleur accès aux droits sociaux, mais aussi très fort dynamisme de l'écosystème d'aide à la création d'entreprises. Les institutions publiques tout comme le réseau associatif accompagnent tous les jours des milliers de nouveaux entrepreneurs à se lancer et à créer leur activité. En cas de difficulté, existent également de nombreux dispositifs d'aide à l'arrêt de l'activité.
Mais il manque encore « au milieu » une offre d'accompagnement pour aider les solopreneurs à développer leur activité et en particulier à passer du statut d'entrepreneur à celui d'employeur. Ce chaînon manquant est un enjeu essentiel.
D'abord pour les solopreneurs eux-mêmes : le premier recrutement est un moment charnière, qui peut tout changer, à condition de ne pas le traverser seul. Selon l'étude que nous venons de mener, 15 % des solopreneurs souhaiteraient pouvoir rapidement embaucher afin de développer leur activité, ou soulager leur propre charge de travail. Mais surtout, ils sont 35 % à dire qu'ils recruteraient si « les conditions étaient réunies », en citant 3 grands obstacles : la complexité administrative, le développement commercial et l'accompagnement. Les solopreneurs manquent parfois de temps, de confiance voire d'expérience, pour cibler au mieux leurs besoins, trouver le bon candidat, ou encore conduire les indispensables démarches administratives.
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La croissance des solopreneurs peut d'autre part avoir un effet direct sur la situation générale de l'emploi : transposé à l'échelle nationale, ce chiffre représente ainsi un vivier immédiat de près de 150 000 et une possibilité de monter à 350 000 emplois si « les conditions étaient réunies pour tous ». L'impact de ces recrutements peut être massif. Cela illustre l'importance macro-économique que peut avoir le soutien à l'embauche des micro-entreprises, du fait de leur très grand nombre, au moment où la courbe du chômage risque malheureusement de remonter.
Lever ces obstacles représente ainsi une opportunité considérable de densification du tissu de TPE et de contribution générale à l'économie française et aux dynamiques territoriales. C'est pour répondre à ce défi que nous lançons l'initiative Plus1 avec un objectif clair : accompagner les indépendants dans leur premier recrutement (voir encadré).
Plus 1 repose sur trois piliers : un accompagnement à la fois digital et humain pour répondre aux interrogations et sécuriser leur projet de recrutement, des offres et services mieux adaptés pour réussir et des partenariats locaux avec les associations de terrain qui œuvrent déjà auprès de nombreux entrepreneurs pour faciliter leurs démarches.
Nous tenons donc à lancer un double appel. À tous les acteurs et les entreprises qui souhaitent apporter des solutions pour que le 1er recrutement des indépendants ne soit pas vécu comme une prise de risque, mais une promesse de croissance, rejoignez-nous ! À tous les solopreneurs, vous n'êtes plus seuls ! Si vous hésitez à franchir le pas, nous sommes là. Dans un monde du travail en pleine mutation, ne restons pas immobiles. Ensemble, nous avons tous le pouvoir de changer les choses.
Plus1 est une initiative portée par AXA France et une coalition inédite d'acteurs publics (CCI France), privés (leboncoin, PayFit et Archipel&Co) ou associatifs (La Fédération nationale des auto-entrepreneurs - FNAE)
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(*) Signataires
Guillaume Borie, Alain di Crescenzo, Antoine Jouteau, Grégoire Leclercq, David Ménascé, Firmin Zocchetto (*)