OPINION. « Transition énergétique : les entreprises face à l'impasse du financement »
Frédéric Rodriguez

Photo d'illustration
DR
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Alors que les conséquences de la crise énergétique de 2022 se font encore ressentir, une nouvelle vague d'inquiétude monte. L'ARENH, qui encadrait le prix de l'électricité nucléaire, va disparaître. Son impact reste incertain, mais la possibilité d'une nouvelle flambée des prix est bien là. Dans un contexte économique tendu, marqué par des défaillances d'entreprises à leur plus haut niveau et une instabilité géopolitique inédite, l'équation devient difficilement tenable pour les décideurs. D'autant que du côté politique, on navigue à vue. Stratégie énergétique (PPE) repoussée, déploiement des ENR contesté, financements publics rabotés, aides suspendues... la transition énergétique est fragilisée. Et son destin repose plus que jamais sur les épaules des entreprises.
Or, beaucoup peinent à franchir le cap. Elles connaissent les enjeux, mais restent dans une gestion du risque qui refrène logiquement leur action. Estimant ne pas avoir les ressources pour financer leur transition, elles priorisent les actions les moins coûteuses, dont l'impact reste limité.
Le secteur industriel est emblématique : 17 % du PIB, 13 % des émissions nationales de CO₂, sa situation donne un bon aperçu des stratégies actuelles. Selon une récente étude, 47 % des décideurs du secteur déclarent que la transition énergétique est une nécessité. Mais si 86 % ont déjà engagé de premières actions pour améliorer leur performance énergétique, il s'agit de chantiers les plus rapides à concrétiser et les moins coûteux (éclairage, chauffage, flotte électrique). Les chantiers structurels, eux, attendent.
61 % des entreprises industrielles interrogées dans cette même étude nous disent qu'elles financent leur transition via leurs fonds propres, 25 % via la dette et 38 % ont eu des subventions. Ces leviers, bien qu'essentiels, sont insuffisants à eux seuls. Il est temps d'accompagner les acteurs vers des approches plus agiles, qui permettent d'investir sans compromettre leur équilibre financier.
Comme la location opérationnelle. Finalement assez répandue en grande consommation, cette approche est peu utilisée par les entreprises (moins de 10 % dans l'industrie). Schématiquement, il s'agit non plus d'acheter, mais de louer ses équipements à un tiers et ainsi de ne pas mobiliser ses fonds propres.
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Autre levier à fort potentiel : les montages financiers de type SPV (Special Purpose Vehicle). Ces structures permettent de porter les investissements en dehors du bilan de l'entreprise, tout en sécurisant leur financement sur le long terme.
Les avantages de ces solutions dépassent le seul aspect comptable. Les loyers sont indexés sur l'usage. Les équipements sont régulièrement renouvelés pour suivre les évolutions technologiques et le cycle de fin de vie est mieux maîtrisé.
En préservant ses capacités d'investissement, l'entreprise peut soutenir d'autres projets structurants comme la R&D.
Financer sa transition, c'est « faire un chèque pour la planète » et pas seulement ! C'est améliorer sa performance, réduire sa dépendance aux marchés, maîtriser ses coûts sur la durée. C'est aussi renforcer sa compétitivité dans un monde qui bascule.
Encore faut-il que les bons outils soient à la portée de ceux qui veulent agir.
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(*) Multi-entrepreneur engagé et spécialiste en ingénierie financière durable, Frédéric Rodriguez a été précurseur en développant dès 2009 des solutions pour faire face aux enjeux climatiques, à destination des entreprises. Après avoir créé GreenFlex qu'il a dirigé pendant plus de 10 ans, il se lance dans un nouveau challenge et fonde R3 Group en 2021, qui devient R3 en 2023. Il s'entoure d'experts reconnus et engagés, dont l'ambition est de réduire tous les impacts environnementaux et sociétaux et de développer de nouveaux business model rentables et durables. Passionné d'art, Frédéric considère la culture comme un vecteur indispensable du changement. Il a réuni la plus grande collection d'art de développement durable connue à ce jour, « Klimatik ».
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Comment financer sans se fragiliser et préserver sa trésorerie?