Les robots du stéphanois Siléane séduisent le conseil européen de l'innovation
Stéphanie Gallo Triouleyre
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Sileane veut désormais passer à la vitesse supérieure pour enclencher l'industrialisation de son robot autonome, destiné au tri des déchets nucléaires.
DR
NUCLEAIRE. La PME stéphanoise, spécialiste de la robotique et de la vision industrielle, a tapé dans l'œil du conseil européen de l'innovation. Elle figure ainsi parmi les 4 entreprises françaises retenues, dans le cadre de l'EIC Accelerator Pilot, sur les quelque 4.200 candidates au niveau européen. La subvention de 2,3 millions d'euros, assortie d'une prise de participation de la Banque européenne d'investissement, doit lui permettre d'industrialiser son robot autonome de tri de déchets nucléaires.
Opérationnel depuis deux ans, son prototype est installé à la Hague, pour le compte d'Orano, un acteur majeur de l'énergie nucléaire, filiale d'Areva.
Après avoir investi plus de trois millions dans le développement de cette innovation au cours des six dernières années, Sileane veut désormais passer à la vitesse supérieure pour enclencher l'industrialisation de son robot autonome, destiné au tri des déchets nucléaires.
Dans cette perspective, la PME stéphanoise de 90 salariés (CA 2020 : 8 millions d'euros) peut désormais compter sur un soutien de taille. Elle vient en effet d'être retenue par le conseil européen de l'innovation, dans le cadre de son dernier appel à projets EIC Accelerator Pilot (ex Instrument PME du programme Horizon 2020).
Au total, près de 4.223 entreprises européennes avaient postulé à ce très sollicité programme, mais 38 seulement ont été retenues, dont quatre françaises. Dans ce cadre, Siléane va ainsi percevoir une subvention de 2,3 millions d'euros, presque le plafond de 2,5 millions d'euros fixé pour ce programme.
"Cet argent va nous permettre de poursuivre la R&D sur l'aspect intelligence artificielle et nous permettre de nous structurer, de décrocher toutes les habilitations nécessaires pour pénétrer ce monde très réglementé du nucléaire. Elle nous permettra aussi d'agrandir nos locaux d'ici deux ans", commente Hervé Henry, fondateur et dirigeant de l'entreprise.
Cette subvention sera doublée, dans un deuxième temps, d'une prise de participation au capital de la Banque Européenne d'Investissement. Il s'agira de la première ouverture de capital de Siléane, détenue à 100% par son fondateur.
12 millions de m3 de déchets nucléaires à trier en 2050
Le jeu en vaut la chandelle. " Ce marché du nucléaire évolue très lentement, nous n'attendons pas de retour avant 10 à 12 ans, il s'agit donc d'une vraie opération de pérennisation de notre activité sur le long terme", poursuit Hervé Henry en avançant un potentiel de chiffre d'affaires supplémentaire à cet horizon de plusieurs dizaines de millions d'euros.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.