LA TRIBUNE AURA - Commençons par un petit retour en arrière : à l'époque de sa création en 2013, le concept de Pulsalys, issu des incubateurs dits "Allègre", était particulièrement original au sein de l'écosystème ?
Sophie Jullian - Pulsalys est né de la fusion de deux dispositifs existants, l'incubateur Créalys et un dispositif qui s'appelait Lyon Science Transfert, et qui était là pour gérer la propriété intellectuelle des laboratoires et la transférer à des entreprises.
L'originalité a été de dire qu'on allait créer un seul outil, dont l'objectif serait d'aller détecter au sein des laboratoires les idées des chercheurs ayant un potentiel d'innovation, en allant jusqu'à financer leur développement afin de réaliser soit des transferts vers des entreprises existantes, soit de constituer les équipes pour créer les startups de demain.
Notre cœur de mission est de s'inscrire dans une boucle vertueuse où d'un côté, l'Etat finance la recherche et de l'autre, cette recherche crée de la valeur économique et enrichit le pays, ce qui permet à l'Etat de réinvestir ensuite.
Ce modèle vous permet-il d'être rentable ?
Aujourd'hui, nos revenus nous permettent de couvrir quasiment nos frais de structure. En revanche, nous avons encore besoin des financements de l'Etat pour continuer à investir directement au sein des projets d'innovation, et les accompagner jusqu'à un certain stade. Il s'agit de financements d'amorçage pouvant aller de 150.000 à 500.000 euros en fonction des projets, en vue de les accompagner à réaliser leur développement technologique, des études de marché, l'achat de matériel, etc. Et tout ça, avant qu'un projet technologique ne trouve preneur.