Face à la multiplication des cyberattaques, le stéphanois Serenicity interpelle Jean Castex
Stéphanie Gallo Triouleyre
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Les cyberattaques se multiplient depuis quelques jours et selon le fondateur de Serenicity, le risque serait sérieux : "Tous les pays prenant des sanctions contre la Russie risquent une cyberguerre. Les bombes tuent des humains en Ukraine. Ailleurs,...
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Devant la multiplication des cyberattaques subies par ses clients depuis quelques jours, très probablement en lien avec le conflit en Ukraine, la startup stéphanoise demande au premier ministre de rendre accessibles aux professionnels de la cybersécurité les fichiers détenus par l'ANSSI et classés secret défense. Serenicity fait elle-même face depuis quelques jours à un afflux massif de demandes d'installation de sa solution de cybersécurité.
"Nous demandons au gouvernement de lever sans attendre le secret défense sur les fichiers Indicateurs de Compromission (IOC)", lance Fabrice Koszyk, CEO de Serenicity, pépite stéphanoise montante de la cybersécurité.
Avec UBCOM, agence de conseils stratégiques et de protection du secret, la startup a adressé dès la fin de semaine dernière une lettre ouverte au premier ministre, Jean Castex, pour l'exhorter à rendre accessibles aux professionnels de la cybersécurité ces fichiers de descriptions détenus par l'ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'Informations).
"Ces fichiers sont extrêmement importants et très efficaces en matière de lutte contre les cyberattaques, mais 3,5 millions d'entreprises ne peuvent pas en bénéficier. Bien sûr, il ne faut pas que ces fichiers tombent dans des mains mal intentionnées mais nous estimons que pour mieux protéger nos entreprises, les acteurs de la cybersécurité travaillant pour le compte d'entreprises et organisations françaises devraient pouvoir utiliser ces données".
Cette demande est pour l'instant restée lettre morte du côté de Matignon mais elle semble recueillir, d'après le CEO de Serenicity, l'assentiment assez large des sociétés privée de cybersécurité.
"Tous les pays prenant des sanctions contre la Russie risquent une cyberguerre"
Cette demande s'inscrit évidemment dans le contexte géopolitique actuel :
"Tous les pays prenant des sanctions contre la Russie risquent une cyberguerre. Les bombes tuent des humains en Ukraine. Ailleurs, des bombes d'un autre genre, numériques, pourraient tuer des entreprises", alerte Fabrice Koszyk.
"Il ne s'agit pas de science-fiction. Rappelons-nous qu'en 2015 déjà, la Russie était suspectée d'avoir bloqué les centrales électriques ukrainiennes grâce à des cyber-attaques. Toute activité connectée à Internet est susceptible d'être touchée, c'est-à-dire la quasi-totalité de l'économie et des services du quotidien".
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