... vec des menaces déjà perceptibles et tournées vers "l'immatériel".
LA TRIBUNE - Créé en 2008, le cluster Eden réunit une centaine de PME et TPE industrielles des secteurs de la défense et de la sécurité, à travers trois régions (Auvergne Rhône-Alpes, la Région Sud et la Bretagne), totalisant ainsi 7.500 salariés et 1 milliard de chiffre d'affaires généré. Quelles sont les premiers impacts qui se dessinent, pour votre filière, avec la crise ukrainienne ?
LUDOVIC OUVRY - Après avoir interrogé cette fin de semaine l'ensemble de nos membres, ce qui ressort de leurs préoccupations est, en premier lieu, les tensions à venir sur le terrain des matières premières.
Car même si les sociétés du secteur de la défense sont un peu plus protégées que le reste de l'industrie, de par les exigences de souveraineté imposées par le Ministère des armées, qui font qu'elles doivent se fournir en France, on retrouve en réalité très souvent des fournisseurs ukrainiens de deuxième ou troisième niveau. Cela va donc pousser nos sociétés à rechercher de nouvelles sources d'approvisionnement.
Ces capteurs, qui étaient ensuite revendus à des sociétés allemandes, anglaises ou italiennes, ne seront vraissemblablement plus disponibles.
Cela se traduit également très concrètement dans le domaine de la recherche, notamment sur le nucléaire : en raison de la situation sur le terrain, des expérimentations de nouveaux matériaux qui devaient être menées en avril avec le laboratoire de Pripiat, voisin de Tchernobyl, par deux sociétés du cluster ont dû être annulés. Il faudra se rabattre sur d'autres sites, et reprendre les projets à zéro.
On a aussi beaucoup parlé de la hausse du coût des matières premières et de l'énergie, cela va nécessairement conduire à une nouvelle flambée ?