Téléradiologie : le lyonnais Imadis fait le pari de l'IA pour améliorer l'efficacité de l'offre de soins
Stéphanie Gallo Triouleyre
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Les radiologues d'Imadis ont déjà interprété plus d'un million d'examens depuis la création de l'entreprise, et utilisent l'IA pour accélérer et fiabiliser les diagnostics.
Imadis
Comment l'intelligence artificielle pourrait-elle venir en soutien de la performance des soins d'urgence ? L'entreprise lyonnaise de radiologie à distance, Imadis, a fait le pari que l'IA pourrait mener à améliorer la détection d'anomalie au sein des examens médicaux. Elle vient d'ailleurs d'ajouter une corde à son arc à travers un partenariat avec la medtech française Gleamer pour la détection de fractures, d'épanchements et luxations. Objectif affiché : épauler ainsi les centres hospitaliers, dans un contexte de pénurie d'expertise médicale et de problématiques d'attractivité au sein des...
"Nous avons rapidement compris l'intérêt de l'intelligence artificielle pour améliorer notre service. Dès que des solutions matures technologiquement ont été proposées, nous avons lancé les expérimentations. Résultat ? Aujourd'hui, l'IA est devenue un de nos points forts de différenciation", affiche Alexandre Ben Cheikh, co-fondateur de la medtech lyonnaise Imadis.
Créée en 2008 par cinq jeunes radiologues diplômés des Hospices Civils de Lyon (HCL), Imadis a développé une offre innovante de radiologie d'urgence à distance. Son modèle repose sur une organisation inspirée du SAMU avec des centres de garde, maillant le territoire français et dans lesquels viennent travailler en équipe, des médecins radiologues (par ailleurs médecins libéraux ou hospitaliers).
Avec un constat :
"Les établissements partenaires, les services d'urgence des centres hospitaliers, n'ont pas toujours les ressources, en particulier la nuit, pour proposer aux patients une interprétation des examens par un radiologue. Ils peuvent alors faire appel à la télé-radiologie. Nous recevons les examens et pouvons en assurer rapidement une lecture professionnelle, en 16 minutes en moyenne, afin que le patient puisse être soigné au plus vite", explique Alexandre Ben Cheikh.
Une offre s'inscrivant dans la tendance forte en France du déploiement de la télémédecine, permettant d'assurer à tous les patients une permanence des soins, quel que soit leur lieu de résidence.
Avec une différence notable toutefois par rapport à de nombreux acteurs du secteur : les radiologues de garde pour Imadis n'assurent pas leur mission depuis leur domicile, comme cela se pratique couramment, mais au sein de plusieurs centres spécifiquement aménagés pour cette activité et au sein desquels ils travaillent en équipe (Lyon, Bordeaux, Marseille et, depuis quelques mois, Rennes et Saint-Etienne).
Cinq algorithmes d'IA pour détecter les anomalies
Cette organisation en centres de garde facilite ainsi le déploiement d'outils de pointe, et notamment de l'intelligence artificielle (IA). "Une grande partie de l'activité de la radiologie concerne la détection d'anomalies. L'IA permet de sécuriser et fiabiliser ces détections", observe Alexandre Ben Cheikh.
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Imadis s'appuie désormais sur cinq algorithmes. Elle travaille depuis 2019 avec l'Israélien Aidoc pour les détections d'hémorragies intracrâniennes, d'embolies pulmonaires, de fractures de côtes et de fractures du rachis cervical lors d'interprétations de scanners et IRM (90% de l'activité d'Imadis) et, depuis quelques mois, avec la MedTech française Gleamer pour la détection de fractures, d'épanchements et luxations sur les radiographies ."La solution de Gleamer était en test depuis 2020. Nous la déployons désormais plus largement".