C'est l'une des nombreuses voies de diversification « décarbonée » explorées par le groupe Michelin, en droite ligne avec son plan stratégique 2030 « Michelin in Motion » pour évoluer au-delà du secteur du pneumatique.
Wisamo 100 (pour Wing SAil MObility) a pour ambition de proposer au transport maritime une alternative écologique à l'utilisation des carburants. Il ne s'agit pas là de s'appuyer sur l'hydrogène, autre cheval de bataille du géant auvergnat, mais de redonner au vent toute sa place dans les déplacements des bateaux. Comment ? Grâce au développement d'une voile technique, qui pourrait être installée en rétrofit sur les bateaux anciens ou en première monte sur les nouveaux projets.
Michelin n'est évidemment pas le premier à y penser - le vent a toujours été un des éléments majeurs de la navigation maritime même si les moteurs ont pu faire oublier un temps son intérêt -, mais son aile a une particularité différenciante par rapport aux voiles déjà sur le marché ou en cours de développement : elle est gonflable.
L'homme pilote la trentaine de personnes affectées au projet au sein de Michelin, réparties entre la Suisse, Lyon et Nantes où une bonne partie de l'équipe s'est installée récemment, au cœur d'un écosystème local travaillant au développement d'une filière vélique française (c'est-à-dire dédiée aux bateaux utilisant la propulsion à voile). Wisamo 100 s'appuie sur le rachat par Michelin, il y a deux ans, d'un brevet déposé par Laurent de Kalbermatten et Edouard Kessi, pionniers du parapente gonflable.