Ils veulent imaginer ensemble le câble du futur, et s'intéresser tout particulièrement à sa conception et ses rouages, souvent peu visibles à l'œil du grand public. Mais il ne s'agirait pas moins d'enjeux stratégiques, à en croire les deux partenaires. Assez stratégiques pour qu'ils se soient d'ailleurs mis autour de la table depuis près de quatre ans déjà et sans bruit, avant d'annoncer officiellement un partenariat désormais tissé sur « le temps long », lors du dernier salon Mountain Planet à Grenoble.
Avec déjà, la promesse que cette alliance s'accélère et se matérialise même par l'annonce très concrète d'un premier produit dès juin prochain.
D'ici là, les deux poids lourds, tous deux leaders dans leur domaine et originaires de la région Auvergne Rhône-Alpes, esquissent les enjeux qui les ont conduits à se rapprocher.
Pour l'isérois Poma, le contexte actuel place le transport urbain par câble à un nouveau carrefour, avec aux quatre coins du globe, le constat que les modes de transports doux tirent la demande. « Cela fait plus de 20 ans que nous avons mis en route notre premier téléphérique urbain en Colombie à Medellín, et nous assistons aujourd'hui un regain d'intérêt. Nous venons par exemple de lancer notre première télécabine urbaine d'Europe sur l'île de la Réunion (avec une mise en service le 15 mars dernier, ndlr), dans le sens qu'elle est interconnectée à un réseau de transport. Pour autant, il nous faut continuer à avancer, à la fois sur le plan environnemental mais aussi de l'utilisation du câble et de son acceptation. Nous avons besoin de faire évoluer le modèle et cela servira à d'autres secteurs comme la neige », concède Jean Souchal, président du directoire de Poma.
C'est ainsi qu'en croisant les équipes de Michelin, le fabricant de télécabines qui réalise désormais un tiers de son chiffre d'affaires dans le transport urbain a eu l'idée de plancher sur de nouvelles applications. « Il y avait encore des choses à faire pour optimiser et proposer des technologies encore plus vertueuses, et notamment plus durables », estime Jean Souchal.