Batteries : dans la course à l’autonomie, le grenoblois Enwires mise sur un procédé à base de nanofils de silicium
Stéphanie Gallo Triouleyre
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Enwires produit des nanofils de silicium à intégrer au graphite. Un procédé protégé par sept brevets, qui lui permettrait d'offrir une autonomie supérieure de 50% à une batterie lithium-ion fabriquée avec du graphite traditionnel.
La start-up grenobloise Enwires développe un process de fabrication de nanofils de silicium destinés aux futures batteries des véhicules électriques. Incorporé au graphite, ils doivent permettre de booster significativement les performances de ces batteries. Sur un marché très dynamique, Enwires vient de franchir un pas significatif en validant son passage à la préindustrialisation, après plusieurs années de R&D.
Dans la course désormais engagée à l'électrification du parc automobile mondial, on sait déjà que l'autonomie représente le graal à atteindre... Dans cet objectif, les batteries lithium-ion avec anodes (électrodes négatives) en silicium sont aujourd'hui considérées par l'industrie automobile comme la voie la plus rapide pour démultiplier les capacités. Une augmentation de 50% de la densité des batteries est ainsi attendue.
Avec toutefois deux freins significatifs au remplacement des anodes actuelles en graphite : le premier est financier, car les processus de fabrication actuels de ces nouvelles batteries lithium-ion, avec anode en silicium, sont encore assez coûteux et nécessitent des investissements significatifs, et s'avèrent donc peu compétitifs.
Le second demeure technique, puisque le silicium se transforme au cours du cycle de la batterie et nécessite une conception spécifique. Mais de nombreux acteurs, notamment aux Etats-Unis et en Chine, se sont attaqués au sujet, sur tous les segments de la chaîne d'approvisionnement des batteries (matériau d'anode, électrode, cellule de batteries).
Des nanofils de silicium
Parmi ces acteurs, la start-up grenobloise Enwires. Créée en 2016 par la chercheuse Olga Burchak, spécialisée dans la chimie des matériaux, suite à ses travaux de recherche au sein du CEA (laboratoire SyMMES), Enwires travaille sur la production, par voie chimique, de nanofils de silicium à intégrer à un graphite spécifique.
« Notre procédé de fabrication est protégé par sept brevets. Il permet d'obtenir des nanofils calibrés avec précision, à un coût extrêmement compétitif. Avec notre matériau, une batterie de même poids et de même taille, disposera d'une autonomie supérieure de 50% à une batterie lithium-ion fabriquée avec du graphite traditionnel. Le temps de charge est aussi largement abaissé », avance la fondatrice d'Enwires, actuellement à la tête d'une équipe de six collaborateurs.
Après plusieurs années de R&D intensive dans laquelle cinq millions d'euros ont été investis (abondés pour les trois quarts par des financements publics), Enwires vient de franchir une étape importante : celle de la pré-industrialisation avec une première ligne de production, inaugurée récemment à Montbonnot, capable de produire 10 kilos par jour. 500.000 euros ont été investis.
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