Qualité de l’air : à Grenoble, un laboratoire veut mesurer en temps réel la toxicité de la pollution
Stéphanie Gallo Triouleyre
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En proposant une approche complémentaire, basée sur le potentiel oxydant de ces pollutions atmosphériques, Predict'Air travaille sur le déploiement d’une station de mesure capable de mesurer et analyser en temps réel la composition des pollutions...
Alors que la nouvelle directive européenne sur la qualité de l’air est attendue dans les prochains mois, abaissant les seuils d’acceptabilité de concentrations de métaux et de particules fines dans l’air, la chaire grenobloise Predict’Air, portée par l’Institut des Géosciences de l’Environnement, propose une approche complémentaire : elle travaille sur le déploiement d’une station de mesure capable de mesurer et analyser en temps réel la composition des pollutions atmosphériques, leur toxicité et la source des émissions. Objectif : fournir aux pouvoirs publics des indicateurs plus...
La nouvelle directive européenne relative à la qualité de l'air est attendue dans les prochains mois. Face à ses 300.000 morts prématurées qui seraient imputables à la pollution atmosphérique, l'UE entend en effet renforcer ses règles sur la qualité de l'air, dans une trajectoire « zéro pollution » qui doit être atteinte d'ici 2050.
Selon l'Agence européenne pour l'environnement, en 2021, 97% de la population urbaine de l'UE était exposée à des concentrations de particules fines (de moins de 2,5 microns) supérieures aux dernières recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé.
La nouvelle directive devrait abaisser les valeurs limites acceptables de toute une série de polluants atmosphériques, notamment les particules fines, le dioxyde d'azote, de souffre, le benzène etc. Par exemple, pour le PM 2,5 (celles estimées comme les plus nocives pour la santé), le seuil serait ramené de 25ug/m3 à 10.
Un coup d'avance sur la réglementation européenne
Le texte devrait par ailleurs imposer aux états membres d'établir des plans relatifs à la qualité de l'air associés à la mise en place de « supersites de surveillance » (au moins un par territoire de 10 millions d'habitants) afin de recueillir des données à long terme sur les polluants atmosphériques couverts par la directive ainsi que sur les polluants émergents.
A Grenoble, l'équipe de la chaire Prédict'Air de l'Institut des Géosciences de l'Environnement, prépare déjà les prochains jalons. Créée en 2021, avec le soutien des fondations d'Air Liquide et de l'Université Grenobles Alpes, de la Métropole Grenoble Alpes, de la communauté de communes du Grésivaudan et d'Atmo Auvergne Rhône-Alpes, elle travaille sur le potentiel oxydant (PO) des pollutions atmosphériques.
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« Les particules inhalées viennent activer des défenses anti-oxydantes dans l'organisme. Lorsque celui-ci n'est plus en mesure de se défendre parce que trop sollicité, un mécanisme inflammatoire s'enclenche, générant diverses réactions : rhinite, asthme, stress oxydatif, problèmes cardiaques etc. Mais toutes les pollutions n'ont pas le même potentiel oxydant. Or, aujourd'hui, les seuils d'alerte sur lesquels s'appuient les pouvoirs publics pour mettre en place des régulations sont basés sur des concentrations de particules et non sur la composition de ces concentrations »,explique Gaëlle Uzu, directrice de recherche à l'Institut de Recherche pour le développement (IRD, affectée à l'Institut des géosciences de l'environnement (IGE).