C'est une nouvelle étape dans un dossier aux multiples imbrications : la Préfecture de Région vient de confirmer l'extension de l'usine de production de polymères Daikin, située dans la Vallée de la chimie, au sud de Lyon. L'entreprise, spécialisée dans la fabrication de polymères, utilisés dans l'industrie automobile, le textile ou encore la plasturgie, a en effet lancé, en début d'année, une nouvelle unité de production de polymères additivés, dite « pre-compound », sur son site de Pierre-Bénite (Rhône).
Cette production, auparavant opérée aux Pays-Bas et désormais délocalisée dans le Rhône, vient ajouter des additifs sous forme de poudres aux polymères actuellement produits en France par le groupe japonais, par chauffage et par mélange. Elle impliquerait, dans un nouveau bâtiment de 1.440 m2, contigu au site actuel, une production de 9 tonnes de polymère additivé par jour, soit 1.500 tonnes par an, à ajouter aux 2.000 tonnes annuelles déjà produites par ce site. Ce qui ne manque pas de faire réagir certains acteurs, puisque Daikin prévoit, pour cela, d'utiliser des substances chimiques faisant partie de la famille des PFAS, dont certains sont classés cancérogènes par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), organe de l'OMS.
En effet, « 4 des 5 additifs (utilisés par cette nouvelle unité) sont classés CMR (cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction) », dont deux de catégorie 1B, « qui répondent à la définition des substances extrêmement préoccupantes potentielles », indique la DREAL dans son rapport d'inspection datant de 2023, sans préciser leur nature exacte, car protégés par le secret industriel.
Une utilisation qui interroge aussi certains acteurs sur leur rejet dans l'environnement, là où le sud de Lyon est déjà concerné par une large pollution à certains perfluorés : près de 166.000 personnes reçoivent de l'eau du robinet en partie contaminée par des PFAS dans la Région, avait indiqué en janvier l'Agence régionale de santé.