Un an après sa levée de fonds de 34 millions d'euros en 2023, la deeptech iséroise Vulkam est sur le point de lancer les travaux de sa première usine de fabrication d'alliages métalliques dotés d'une structure amorphe et non cristalline. Une « révolution métallurgique » promise aux secteurs du médical et de l'horlogerie.Créé en 2017 à partir d'un procédé breveté issu de trente années de recherches au laboratoire SIMAP (Science et Ingénierie de Matériaux et Procédés) de Grenoble (sous co-tutelle du CNRS et de l'université de Grenoble), Vulkam avait fait les gros titres avec sa levée de fonds de 34 millions d'euros en 2023 (dont 4,7 millions d'euros étaient issus du dispositif Première usine de France 2030). Avec une cible : développer sa première usine de fabrication de métaux amorphes, une nouvelle classe de métaux issus d'une transformation industrielle et qui vise à les rendre plus performants.
Concrètement, les métaux amorphes sont un groupe d'alliages qui - contrairement aux métaux habituels - ne présentent pas de structures cristallines, mais, comme le verre (d'où le nom de « verres métalliques »), une structure amorphe, désordonnée.
Un an plus tard, la deeptech iséroise, encore installée sur le campus universitaire de Grenoble, complète sa phase de pré-séries aux côtés de premiers clients dans l'horlogerie, le médical et le spatial. Mais elle se prépare activement à passer à un autre stade, avec le lancement en janvier prochain de la construction de sa première usine, qui sera livrée au premier trimestre 2026 sur un site de 3.000 m2 déjà ciblé au Versoud, dans la banlieue grenobloise (Isère).
« Les premiers marchés seront d'abord l'horlogerie, un secteur où les aspects réglementaires sont moins contraignants, puis le domaine de l'instrumentation médicale, que nous adresserons dès 2026 », explique à La Tribune Tiphaine Guittat, directrice administrative et innovation de Vulkam.
Le marché du médical en première cible
Car la deeptech iséroise a déjà développé deux premiers produits, thermomoulés entièrement, grâce à un procédé breveté de haute précision, à partir d'un alliage de métaux amorphes « bio-compatible » : une pince destinée à l'opération de la cataracte, qui est aussi l'opération la plus réalisée au monde, ainsi qu'une tête d'implant dentaire, deux fois plus petite que les produits actuellement proposés sur le marché à partir du titane.